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Modélisation numérique et techniques de télédétection pour adapter les méthodes de prévision des risques d'inondation à la réalité des embâcles de glace sur les rivières du Québec

JD

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Jason Duguay : Université de Sherbrooke

Résumé de la communication

Les rivières des climats nordiques sont propices à la formation d’embâcles de glace et aux inondations qu’ils peuvent provoquer. Cependant, que ce soit pour le prévisionnel ou le normatif, les méthodes actuelles de cartographie de l'étendue des inondations ne tiennent généralement pas compte de l’influence des embâcles. Cette recherche vise à développer, évaluer et proposer des moyens d'adapter les méthodes de cartographie à la réalité des embâcles. Des méthodes numériques cryo-hydrodynamiques sont utilisées en combinaison avec des ensembles de données géospatiales afin de développer des cartes de probabilité d'inondation causée par des embâcles. Des approches de modélisation stochastique sont en cours d'évaluation pour tenir compte de l'incertitude inhérente à la majorité des paramètres influençant le moment et le lieu de formation des embâcles de glace ainsi que la sévérité des inondations qui en résultent. Le travail de modélisation est soutenu par une combinaison de mesures de télédétection, y compris des drones (par exemple, photogrammétrie, radar à pénétration de sol, altimètres laser), l'imagerie satellitaire dans les bandes visuelles et radar et une variété de mesures in situ de surveillance du couvert de glace et d’indicateurs morphologiques et botaniques de dynamiques fluvioglacielles. Les méthodes et les résultats de cette recherche sont utiles pour les personnes impliquées dans la gestion des risques d'inondation au Québec.

Résumé du colloque

Des risques à réévaluer

2023 est l’année des records. Record des températures d’abord : juillet 2023 a été le mois le plus chaud jamais enregistré dans le monde avec 0,51 degré au-dessus de la moyenne 1991-2020. Des sécheresses, ensuite : l’Europe a connu une sécheresse historique durant l’été 2023. Des incendies, enfin : à la mi-août, le Canada enregistre plus de 14 millions d’hectares de surface brûlée, dont plus de 700 000 hectares pour le Québec, selon la SOPFEU à la même période. Pourtant, le Canada est un précurseur dans la prévision du risque d’incendies de forêt avec l’indice forêt-météo, de Ressources naturelles Canada, qui évalue le risque d’incendie sur une base quotidienne. Le calcul du risque est renforcé par une couverture satellitaire des points chauds partout au pays, avec à la clé une cartographie du risque. Mais le Canada est un pays de forêts, et la forêt est à la fois victime des incendies et vecteur, car elle fournit elle-même le carburant (combustible). Paradoxalement, c’est la zone nordique qui est la plus touchée. Le 15 août, la Ville de Yellowknife, au nord du 62e parallèle, ordonne l’évacuation de ses 20 000 habitants en raison de menaces d’incendies. Les conditions météorologiques y étaient favorables à cause de la sécheresse qui a sévi. Les causes des incendies sont pour plus de 80 % d’origine naturelle (foudre). En juin déjà, un grand nombre de foyers sont déclarés incontrôlables. Faut-il revoir l’indice forêt-météo à la lumière des changements climatiques? Les défis demeurent énormes aussi sur les plans de la prévention et de l’adaptation à ces risques, et les recherches doivent mettre l’accent sur ces aspects.

Les recherches devraient se poursuivre également sur d’autres risques, plus récurrents. La cartographie des zones inondables, par exemple, est à parfaire, et les modèles de prévision sur les périodes de retour des crues extrêmes, à améliorer.

Contexte

section icon Thème du congrès 2024 (91e édition) :
Mobiliser les savoirs en français
section icon Date : 14 mai 2024

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