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Jean-Francois Lemay : Cégep de Shawinigan
Les technologies liées aux molécules d’ARN (acide ribonucléique) sont en pleine expansion : vaccins, thérapies géniques, kits de détection, etc. Afin d’accélérer le développement de ces molécules, il est primordial d’avoir en main l’ensemble des enzymes conduisant à leur synthèse tout en les produisant conformément aux standards requis dans le domaine pharmaceutique. Notre équipe a créé de nouvelles souches de bactéries et levures par clonage pour produire les quatre protéines principalement utilisées pour la synthèse d’ARN, de façon à obtenir des enzymes d’une pureté répondant à ces standards. Les enzymes produites servent à synthétiser l’ARN, à inhiber des ribonucléases, à éviter l’accumulation d’inhibiteurs (pyrophosphates) durant la synthèse et à dégrader l’ADN (acide désoxyribonucléique) à la toute fin du processus. Nous avons d’abord créé l’ensemble de souches recombinantes. Dans les prochains mois, la production par bioréacteur et la purification par chromatographie liquide seront optimisées et leur efficacité sera évaluée. Les résultats permettront d’évaluer le potentiel de nos souches afin d’aider des collaborateurs universitaires et industriels, québécois et canadiens, à développer de nouvelles technologies liées aux molécules d’ARN. L’accessibilité de ces enzymes à moindres coûts sera ainsi accélérée en vue d’un tel développement au Québec.
La présence de la recherche collégiale croît constamment à l’intérieur du plus grand rassemblement scientifique multidisciplinaire de la francophonie que représente le congrès de l’Acfas. Or, si l’on peut se réjouir de cette avancée, il n’en demeure pas moins que la recherche collégiale fait face à des enjeux majeurs en ce qui a trait à son rayonnement. L’un de ceux-ci est que l’on s’attend trop souvent à en trouver un portrait exhaustif, constamment à jour, alors que personne ne s’étonne qu’une telle représentation n’existe pas pour ce qui est de la recherche universitaire. Le défi est pourtant de taille, compte tenu de l’ampleur du réseau collégial : quelque 100 unités de recherche, sans compter les chercheuses et chercheurs autonomes au sein des 82 établissements d’enseignement, ou encore, affiliés à une unité de recherche universitaire, au Québec seulement. Par ailleurs, les indicateurs traditionnels des retombées de la recherche en enseignement supérieur, soit la mesure du nombre et de la qualité des publications — surtout savantes —, de la taille du financement public et privé ainsi que des prix obtenus, sont loin de refléter fidèlement ou entièrement l’ensemble de la recherche collégiale. D’autres indicateurs doivent être utilisés, dont certains sont de plus en plus reconnus en recherche, comme le transfert de technologie ou de connaissances, le réseautage et la formation à la recherche en cours d’études collégiales. Outre ces enjeux, le fait que la recherche soit une activité volontaire au collégial pose un autre défi : l’on ne peut faire l’économie d’affirmer et de réaffirmer sans cesse son existence auprès des individus ainsi que des instances ou organismes, comme l’ont démontré les écrits au fil des ans ainsi que les discussions dans le cadre du récent Chantier sur la recherche au collégial. Le colloque sera un lieu d’échange au sujet de ces enjeux, mais également des politiques et des pratiques permettant de les relever.
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