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Anne Robineau : Institut canadien de recherche sur les minorités linguistiques
Cette communication propose de revenir sur des moments-clés qui ont mené à la formation de regroupements féministes dans les communautés francophones en situation minoritaire et des enjeux qui les préoccupent aujourd’hui. Dans une première partie, nous ferons état des mouvements de femmes qui ont contribué à la formation de la Fédération des femmes canadiennes-françaises (FFCF), de l’Alliance des femmes de la francophonie canadienne (AFFC) et de plusieurs conseils provinciaux sur le statut de la femme. Nous discuterons plus spécifiquement du lien avec le double héritage du mouvement des droits des francophones et celui des femmes avec l’enjeu de l’éducation en français dans les années 1980. Dans une deuxième partie, nous expliquerons comment les regroupements féministes se sont à la fois diversifiés et ont structuré leurs actions des années 1990 à aujourd’hui en adoptant une approche de plus en plus intersectionnelle pour tenir compte de groupes minorisés à l’intérieur des communautés francophones. Nous donnerons l’exemple de dossiers prioritaires qui les mobilisent tels que la violence envers les femmes, la proche-aidance, le leadership chez les jeunes femmes, la justice reproductive et l’équité salariale.
NOTE POUR LE 15 mai : Notre colloque du 14 mai sera suivi par des activités gratuites « hors Acfas » le 15 mai, pour lesquelles le transport sera assuré. Pour plus de détails sur ces activités et pour s’inscrire, consultez http://tinyurl.com/4tcwxtjr.
Pour les femmes des communautés de langue officielle en milieu minoritaire (CLOSM) au Canada, les enjeux linguistiques s’entrecroisent avec ceux liés à d’autres marqueurs sociaux et identitaires que la langue. Le fait d’appartenir à un groupe racisé, à une communauté autochtone, à une minorité sexuelle et de genre, de vivre en situation de pauvreté ou de handicap, le fait d’être jeune ou plus âgé ou le fait d’être immigrante sont quelques-uns de ces marqueurs.
Pour mieux en comprendre les effets, des approches transversales, comparatives et intersectionnelles rendent compte d’inégalités, voire de discrimination envers les femmes dans plusieurs secteurs : santé, éducation et emploi. En effet, ces femmes vivent des expériences et des défis uniques. Selon les régions, elles vivent avec des problèmes d’accès à des soins de santé dans leur langue. Elles se retrouvent plus souvent dans le rôle de proches aidantes. Elles sont surreprésentées dans les secteurs caritatifs et communautaires et sous-représentées dans les entités politiques et décisionnelles. Elles ont un traitement différencié dans l’espace médiatique et continuent d’être fortement invisibilisées dans leur contribution à l’histoire et au patrimoine des communautés tout en jouant un rôle important dans la transmission de leur langue maternelle.
Par ailleurs, les débats plus larges sur les définitions de « femme » selon l’évolution des identités sexuelles et des minorités de genre comme constructions sociales remettent en question l’inclusivité des espaces « réservés aux femmes », y compris dans les CLOSM.
Devant ces défis, une meilleure connaissance des enjeux touchant les femmes de ces communautés est nécessaire. Des stratégies de groupes communautaires et des politiques publiques sont à l’œuvre, alors que d’autres sont à mettre en place ou à améliorer.
Ce colloque entend donc réunir l’expertise qui permettra de mieux documenter et d’actualiser la recherche sur les femmes des CLOSM.
Veuillez noter que certaines de nos communications sont présentées en anglais, avec les diapositives en français.
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