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Jessie Lepage : Université de Sherbrooke
D’après le recensement de 2021, 75 % des Autochtones ont un diplôme inférieur au baccalauréat, dont 22,4 % ont un diplôme d'apprenti ou d'école de métiers. La formation professionnelle (FP), populaire chez ces derniers, pourrait être un levier pour leur réussite (Joncas et al., 2022 ; Dougherty et Harbaugh Macdonald, 2020), mais les études spécifiques sur le parcours des Autochtones en FP manquent. Ce projet se concentre donc sur le parcours de vie (Picard et al., 2020) des élèves Autochtones en FP.
Cette communication présentera une recherche qualitative, menée selon une approche interprétative qui a pour objectifs de 1) décrire les différents parcours de vie des élèves autochtones ayant suivi une FP délocalisée en communauté autochtone (FPDCA) et de 2) documenter l’apport d’une FPDCA dans leur parcours de vie. Les modèles de Mannigham et al. (2011), qui intègre les aspects historiques des Autochtones, et celui de Loiselle (2009) qui inclus la temporalité et les 4 dimensions chez ceux-ci apparaissent pertinents pour le cadre de cette recherche.
Les données sont recueillies auprès d'élèves autochtones, provenant de milieux anglophones et francophones, et appartenant à deux nations distinctes : les Innus de Mashteuiatsh et les Mi'gmaq de Listiguj. Pour respecter la tradition orale des Autochtones, des entretiens semi-dirigés sont menés, utilisant à la fois des entrevues individuelles et des cercles de partage (Lathoud, 2016).
Le secteur de la formation professionnelle est marqué par la diversité sociale et scolaire des élèves (âge, origines sociales et économiques, parcours scolaires antérieurs, expériences de vie et de travail, etc.) (Beaucher et al., 2021). La non-linéarité des parcours et la pluridimensionnalité de l’expérience en formation professionnelle sont souvent la norme (Coulombe et al., 2019; Mazalon et Bourdon, 2015; Molgat et al., 2014). Afin de favoriser l’accompagnement de ces élèves, il est impératif de bien les connaître, y compris leur parcours et la façon dont ils apprennent. Cette meilleure compréhension permet d’adapter les mécanismes, les conditions d’apprentissage professionnel et les contextes d’études à leurs besoins.
Les parcours d’apprentissage sont compris comme les processus liés au développement identitaire des personnes (Bourgeois, 2009) et concernent tant les apprentissages informels acquis dans les tâches et les interactions quotidiennes que les apprentissages formels faits à même des programmes de formation (Alheit et Dausien, 2005). L’apprentissage est donc conçu « en tant que (trans)formation d’expériences, de savoirs et de structures d’action dans l’inscription historique et sociale des mondes-de-vie individuels » (Alheit et Dausien, 2005, p. 11), les mondes-de-vie faisant référence aux différentes sphères de vie (ex. : famille, école, loisirs). Ces parcours s’étendent donc tout au long et au large de la vie, représentant la situation de plusieurs élèves de la formation professionnelle. Ils ne sont pas le produit unique de choix rationnels, mais sont influencés par l’origine sociale des personnes, ses représentations sociales, son réseau et ses relations, de même que par les contraintes institutionnelles et situationnelles (Bloomer et Hodkinson, 2000; Supeno et al., 2022). Ainsi, l’étude des parcours des élèves de la formation professionnelle permet de mieux cerner leur réalité et leurs besoins dans une perspective de mieux y répondre. Ce faisant, les apprentissages de ces derniers s’en trouveront bonifiés. Puisque les apprentissages professionnels sont marqués par des logiques de développement de compétences chez l’adulte et d’insertion régies par le marché du travail (Billett, 2001; Pastré, 2011), l’ensemble des sphères de vie sont susceptibles d’influencer la formation et la qualification des élèves de la formation professionnelle, dont le support du réseau social de l’élève lors d’une transition scolaire (Germain et Marcotte, 2019; Cournoyer et Bourdon, 2012), notamment lorsqu’il a des difficultés d’apprentissage (Lombardi et al., 2016; Rahat et Ilhan, 2016).
Ce colloque souhaite contribuer à l’enrichissement des connaissances quant aux élèves de la formation professionnelle par la création d’un espace de partage entre personnes chercheuses, étudiantes et praticiennes, et ce, à partir de l’axe des parcours et des apprentissages.
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