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Parce que la question n’est plus de savoir si l’adversité affecte la santé future, mais comment : Examen des mécanismes de stress dans les cohortes de l’ELDEQ

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Isabelle Ouellet-Morin : Université de Montréal

Résumé de la communication

Il est reconnu que les expériences d’adversité, telles que la précarité économique, les pratiques parentales hostiles et l’intimidation par les pairs, sont associées à plusieurs problèmes de santé et du comportement, dont certains persistent à l’âge adulte. Cette conférence présentera plusieurs études menées (et en cours) examinant la force du lien proposé entre ces expériences et deux mécanismes de stress ‒ le cortisol et la méthylation de l’ADN‒ ainsi qu’au lien les unissant avec les symptômes dépressifs au sein de l’ELDEQ 1. Nous ferons notamment état de l’association liant les expériences d’intimidation par les pairs et les indices cumulés d’adversité recensées au cours de l’enfance et de l’adolescence avec les différences individuelles notées sur le cortisol et sur les horloges biologiques épigénétiques liées au vieillissement. Nous examinerons ensuite les limites de ces études, notamment en regard de l’absence de mesures répétées de stress. Ces constats ont permis de concevoir un projet de recherche ambitieux actuellement mené au sein de l’ELDEQ 2, incluant le prélèvement de trois mèches de cheveux réalisé lorsque les enfants ont 1½, 2½ et 3½ ans. Nous ferons un premier bilan de cette nouvelle collecte. Finalement, nous discuterons de l’importance des cohortes de l’ELDEQ pour étudier les mécanismes physiologiques, cognitifs et affectifs par lesquels les expériences d’adversité peuvent induire une vulnérabilité, mais aussi de la résilience à vivre de problème de santé.

Résumé du colloque

Depuis 1998, la première édition de l’Étude longitudinale du développement des enfants du Québec (ELDEQ 1) suit une cohorte de près de 2 000 enfants nés au Québec. Elle est réalisée par l’Institut de la statistique du Québec, en collaboration avec divers partenaires. Avec son devis longitudinal et multithématique, les retombées de cette étude sont nombreuses et variées sur le plan de l’avancement des connaissances, notamment sur l’évolution comportementale ou cognitive des jeunes, leurs habitudes de vie ou encore leur engagement citoyen. Grâce aux données recueillies depuis 25 ans, il est possible d’étudier les répercussions de diverses expériences vécues lors de l’enfance et de l’adolescence sur différents aspects du passage à la vie adulte. S’ensuivent une meilleure compréhension des processus sous-jacents et la capacité de cerner des facteurs de risque et de protection, voire des leviers d’intervention.

Sachant que la société québécoise a considérablement changé au cours des dernières décennies, il est important d’étudier la réalité des enfants qui naissent plus de 20 ans après le début de l’ELDEQ 1.

C’est pourquoi la deuxième édition de l’étude (ELDEQ 2), aussi appelée Grandir au Québec, a vu le jour. Réalisée auprès d’une cohorte de plus de 4 000 enfants nés en 2020-2021 (durant la pandémie), elle a été conçue afin de répondre aux besoins de connaissance concernant le développement des enfants nés au Québec à l’aube de la décennie et sur leur évolution jusqu’à l’âge adulte.

Alors qu’on souligne les 25 ans de la première édition, il est intéressant de mettre en parallèle les retombées de l’ELDEQ 1 et les premiers résultats de l’ELDEQ 2. Qu’avons-nous appris grâce à la première édition? Que nous apprend la deuxième édition sur le contexte de vie des bébés qui grandissent au Québec dans les années 2020? Quelles perspectives pouvons-nous anticiper quant aux développements à venir dans le cadre de ces deux études de cohortes?

Contexte

section icon Thème du congrès 2024 (91e édition) :
Mobiliser les savoirs en français
section icon Date : 14 mai 2024

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