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Penser les marges alimentaires globales : paysages bricolés en périphérie de Tokyo

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Charlotte Gagnon-Lewis : Université d'Ottawa

Résumé de la communication

Les paysages alimentaires contemporains sont constamment mis sous tensions par l’avancée du processus urbain et par les pressions de nouvelles réalités climatiques. Les bouleversements continuels correspondants soulignent certains enjeux méthodologiques inhérents aux études sur l’alimentation. En outre, elles reflètent une difficulté à conjuguer analytiquement les multiples réalités matérielles de territoires situés et les contraintes du système alimentaire global organisant l’existence d’un nombre substantiel de communautés. Dans cette présentation, j’aborderai ces enjeux dans le contexte de recherches en cours portant sur l’expérience quotidienne de communautés agricoles en périphérie de Tokyo. Ce faisant, je suggérerai que l’anthropologie offre des outils conceptuels à travers lesquels étudier les intersections entre les systèmes globaux et les logiques hétérogènes associées à des territoires distincts. Notamment, je proposerai que porter une attention particulière aux assemblages bricolés à travers les trajectoires contemporaines et, particulièrement, aux négociations des collectivités qui les conditionnent ouvre des possibilités pour une prise en compte multiple des logiques globales et territoriales animant nos modes alimentaires actuels.

Résumé du colloque

Le dernier rapport du GIEC réaffirme le consensus scientifique sur l’évolution du climat : réchauffement planétaire, transformation de la biodiversité, émergence plus fréquente des zoonoses, déforestation, épuisement des ressources naturelles et des chaînes alimentaires, démultiplication des catastrophes et de leur intensité, exodes climatiques et bien d’autres phénomènes qui caractérisent les changements climatiques et leurs conséquences.

Ici, nous partons de l’hypothèse que la Terre est littéralement terraformée par deux processus de mondialisation qui sont désormais interdépendants et indissociables : l’urbanisation planétaire (englobement 1, pensé par l’anthropologie de la mondialisation, les études urbaines, la sociologie, etc.) et le changement global (englobement 2, pensé par la science du système-Terre). L’urbanisation planétaire vectorise les changements climatiques, qui vectorisent désormais l’urbanisation planétaire, qui vectorise l’habitabilité (pensée par l’écologie, les études de l’environnement, les sciences sociales, l’architecture, etc.). L’urbain anthropocène est donc la période géo-sociale-historique qui correspond à une montée de la menace sur l’habitabilité et qui nous oblige à développer des cadres conceptuels et des démarches épistémologiques qui nous permettent d’appréhender ces transformations.

L’objectif de ce colloque est de saisir les processus urbains dans une perspective interdisciplinaire et, ainsi, développer une posture épistémologique grâce aux contributions de plusieurs chercheur·e·s. Cela se fera en étudiant les flux, les patchs et les configurations permettant d’appréhender le rôle de l’urbanisation dans les changements climatiques et de comprendre comment les liens entre les villes et la crise climatique reconfigurent l’ordre social, économique, juridique et politique contemporain.

Contexte

section icon Thème du congrès 2024 (91e édition) :
Mobiliser les savoirs en français
section icon Date : 14 mai 2024

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