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Penser l’habitabilité à travers les relations multiples à l’eau à Fukushima : le cas de la ville de Minamisôma

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Michael Chateauneuf : International Research Institute of Disaster Science, Tohoku University

Résumé de la communication

À la suite de la triple catastrophe de mars 2011, la population de la ville de Minamisôma, située de 10 à 40 km au nord de la centrale nucléaire de Fukushima-Daiichi, a pu rapidement revenir s’installer chez elle, mais dans un milieu transformé. Les catastrophes (tremblement de terre, tsunami, catastrophe nucléaire) ne sont pas les seules à avoir changé l’environnement, mais aussi à cause de toute la réorganisation humaine qui s’en est suivi afin de pouvoir réhabiter le territoire.

Cette communication se penchera plus spécifiquement sur les rapports à l’eau qu’on retrouve dans la ville de Minamisoma : premièrement, à travers les relations locales dans les croyances shinto et l’organisation des rizières toujours en reconstruction; deuxièmement, dans les prises de décisions gouvernementales et de grandes entreprises entourant les questions de l’énergie et de décontamination.

Le déversement des eaux irradiées dans l’océan par la Tokyo Electric Power Company (TEPCO) commencé en 2023, approuvé par l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA), se situe dans un rapport de continuité de l’eau en tant que ressource décontaminant. Localement, l’eau est utilisée pour des raisons multiples, et démontre un rapport plus complexe que la vision capitaliste de l’entreprise d’énergie. L’organisation des rizières et les rites shinto projettent un monde connecté au milieu et à son histoire, où l’eau joue un rôle majeur pour les vies multiples existantes sur ce territoire.

Résumé du colloque

Le dernier rapport du GIEC réaffirme le consensus scientifique sur l’évolution du climat : réchauffement planétaire, transformation de la biodiversité, émergence plus fréquente des zoonoses, déforestation, épuisement des ressources naturelles et des chaînes alimentaires, démultiplication des catastrophes et de leur intensité, exodes climatiques et bien d’autres phénomènes qui caractérisent les changements climatiques et leurs conséquences.

Ici, nous partons de l’hypothèse que la Terre est littéralement terraformée par deux processus de mondialisation qui sont désormais interdépendants et indissociables : l’urbanisation planétaire (englobement 1, pensé par l’anthropologie de la mondialisation, les études urbaines, la sociologie, etc.) et le changement global (englobement 2, pensé par la science du système-Terre). L’urbanisation planétaire vectorise les changements climatiques, qui vectorisent désormais l’urbanisation planétaire, qui vectorise l’habitabilité (pensée par l’écologie, les études de l’environnement, les sciences sociales, l’architecture, etc.). L’urbain anthropocène est donc la période géo-sociale-historique qui correspond à une montée de la menace sur l’habitabilité et qui nous oblige à développer des cadres conceptuels et des démarches épistémologiques qui nous permettent d’appréhender ces transformations.

L’objectif de ce colloque est de saisir les processus urbains dans une perspective interdisciplinaire et, ainsi, développer une posture épistémologique grâce aux contributions de plusieurs chercheur·e·s. Cela se fera en étudiant les flux, les patchs et les configurations permettant d’appréhender le rôle de l’urbanisation dans les changements climatiques et de comprendre comment les liens entre les villes et la crise climatique reconfigurent l’ordre social, économique, juridique et politique contemporain.

Contexte

section icon Thème du congrès 2024 (91e édition) :
Mobiliser les savoirs en français
section icon Date : 14 mai 2024

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