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Morgen Bertheussen : Université McGill
La précarité énergétique décrit une situation dans laquelle les ménages peinent à subvenir à leurs besoins énergétiques. Alors que la recherche sur la précarité énergétique s’est surtout penchée sur la capacité de rester au chaud lors des saisons froides, le besoin de rester au frais pendant l’été devient plus important avec le réchauffement climatique. Les îlots de chaleur, qui décrivent les endroits en milieu urbain où la température est plus élevée que le milieu environnant, sont aggravés par le réchauffement et menacent le bien-être des ménages. Notre étude explore l’intersection des îlots de chaleur et de la précarité énergétique sur l’Île de Montréal et à décrire le portrait socioéconomique de ces zones d’intersection ou « points chauds ». Dans un SIG, les données de la Ville de Montréal sur les zones de chaleurs ont été superposées à la proportion de ménages en précarité énergétique, calculée à l’aide des données du recensement au niveau des aires de diffusion. En comparaison au territoire montréalais, les points chauds sont caractérisés par une densité de population plus élevée, des niveaux d’éducation et d’emplois moindres et une plus grande proportion de la population issue de minorité visible, locataire, et vivant dans des logements surpeuplés. Identifier et décrire les points chauds pourrait permettre de cibler des interventions pour soutenir les ménages en situation de précarité énergétique et atténuer les risques de santé attribués à la chaleur accablante.
L’énergie est essentielle pour répondre à nos besoins fondamentaux et est une condition préalable à la santé. Pourtant, plusieurs ménages canadiens n’ont pas accès à des niveaux de services énergétiques adéquats (chauffage, climatisation, éclairage, alimentation des appareils ménagers, etc.) pour maintenir une température intérieure saine, répondre à leurs besoins et vivre dans la dignité — une situation connue sous le nom de précarité énergétique. En effet, un ménage canadien sur cinq, et un ménage québécois sur six, est confronté à la précarité énergétique. Dans les milieux ruraux et les provinces atlantiques, c’est un ménage sur trois qui est en situation de précarité énergétique.
La précarité énergétique expose les ménages à de multiples facteurs de stress et a des répercussions importantes sur la santé, le bien-être et l’inclusion sociale. Les ménages à faible revenu, les locataires, les personnes vivant dans des logements de mauvaise qualité, les femmes, les jeunes adultes, les personnes âgées, les personnes issues de la diversité et les populations autochtones sont plus susceptibles d’être confrontés à la précarité énergétique et à ses conséquences. La précarité énergétique est un phénomène multidimensionnel qui est influencé par les conditions de logement (efficacité énergétique), les caractéristiques des ménages (revenus; mode d’occupation du logement; composition, taille et besoins du ménage) et les systèmes énergétiques, et qui est accentué par les événements climatiques extrêmes.
Alors qu’elle est d’autant plus importante à considérer pour assurer une transition juste et la résilience climatique dans le secteur résidentiel, la précarité énergétique demeure un phénomène méconnu au Canada et est largement absente des politiques et programmes énergétiques, sociaux et d’adaptation aux changements climatiques.
Les objectifs poursuivis par ce colloque sont les suivants :
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