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Portrait actuel de la qualité de la langue orale dans les radios francophones du Québec

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Marie-Josée Olsen : Cégep de Jonquière

Résumé de la communication

Le public entretient une réelle préoccupation envers la qualité de la langue orale dans les médias. Qu’en est-il vraiment du standard que nous y entendons? Les radios, média d’accompagnement quotidien par excellence, diffusent-elles toujours un standard professionnel que les médias ont la responsabilité de maintenir (Préfontaine et coll., 1998; Ostiguy et Tousignant, 1993) par leur rôle de modèle et de référent social (Reinke, 2005)? C’est précisément cette question de recherche qui est au coeur de ce projet. Pour documenter les comportements linguistiques diffusés à la radio, nous avons entrepris un vaste exercice d’écoute. En parallèle, nous avons tenté de mesurer le niveau de préoccupation des acteurs du milieu radiophonique par rapport à la qualité de la langue diffusée à la radio, en leur faisant parvenir un questionnaire. L’analyse des grilles d’écoute nous a permis de constater que le standard courant, principalement dans son lexique, partage les ondes avec les standards familier, populaire et même vulgaire, alors que les données issues du questionnaire (n=65) laissent entrevoir une satisfaction de la part des sondés par rapport à la qualité qu’ils entendent sur les ondes, tout en soulignant une préoccupation réelle pour cet enjeu.

Bref, la communication brossera le portrait des comportements linguistiques qu’entend le public quotidiennement à la radio, portrait qui sera intéressant de comparer à la perception des artisans qui la créent et la font vivre chaque jour.

Résumé du colloque

Ce colloque aborde les enjeux sociaux liés aux pratiques langagières dans les formats médiatiques oraux associés au divertissement et les relations complexes entre ces derniers et les publics auxquels ils s’adressent. Si la langue de l’information est relativement bien étudiée sous l’angle d’une norme endogène dans des régions de la francophonie telles que le Québec, on ne peut pas en dire autant des formats médiatiques oraux associés au divertissement, qui se caractérisent par une plus grande diversité de pratiques langagières.

D’un côté, on y observe des productions où le poids de la norme prescriptive, souvent associée au français des Parisiens cultivés, continue à se faire sentir. C’est notamment le cas des films doublés où des productions dans un français « normatif » (terme employé par le milieu) sont encore la règle, et ceci dans plusieurs régions de la francophonie, tout en faisant réagir certaines personnes qui souhaitent reconnaître leur propre culture dans ces produits. De l’autre côté, certaines productions semblent laisser libre cours aux pratiques non standardisées, par exemple les émissions de téléréalité, provoquant également des réactions négatives. Ainsi, les pratiques langagières des candidat·e·s de la téléréalité québécoise Occupation double qui s’écartent de la norme prescriptive sont l’objet de vifs discours épilinguistiques dans la sphère médiatique et entraînent chez ces personnes un sentiment de honte, voire d’insécurité linguistique. Quels que soient les choix langagiers des équipes de production, ceux-ci ne sont pas sans conséquences sociales : le choix du français « normatif » suggère que les autres variétés de français n’ont pas leur place dans la sphère médiatique; le recours à un français socialement ou géographiquement plus marqué attire la critique de certains auditoires.

Contexte

section icon Thème du congrès 2024 (91e édition) :
Mobiliser les savoirs en français
section icon Date : 14 mai 2024

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