Veuillez choisir le dossier dans lequel vous souhaitez ajouter ce contenu :
Membre a labase
Somnoma Edouard Kabore : Université Thomas-Sankara
L’objectif de cette recherche est de mieux comprendre les pratiques de gouvernance dans le contexte spécifique des projets de développement international (PDI) et d’analyser leur contribution à la création de valeur. Pour mener à bien cette recherche, nous avons adopté une démarche qualitative à travers des entretiens semi-directifs menés auprès des coordonnateurs des PDI au Burkina Faso. Ce pays, à l’instar de nombreux pays africains, est engagé un processus de développement marqué par la mise en œuvre du Plan National de Développement Économique et Social (PNDES) et la création de nombreux projets d’investissement financés par des bailleurs de fonds. Les conclusions présentées dans le cadre de ce travail nous ont permis de valider l’idée qu’il existe une diversité de pratiques gouvernance dans les projets de développement international. En effet, l’acceptabilité sociale, l’implication des bénéficiaires, la capitalisation des acquis, l’ancrage d’une culture de projet, la communication, la redevabilité et les pratiques évaluatives sont les pratiques de gouvernance des PDI susceptibles de contribuer à la création de valeur. Cependant, il existe des pratiques de gouvernance qui limitent la création de valeur : les avis de non objection (ANO), les procédures et mécanismes de passation des marchés des projets et programmes de développement et le non alignement des partenaires technique et financiers aux référentiels nationaux.
En gestion de projet, la création de valeur est un objectif qui va au-delà de la simple livraison d’un projet dans les délais et coûts projetés et ne se concrétise pas souvent à court terme. De cet objectif découle notre colloque, qui vise à rassembler des chercheur.es de diverses disciplines afin de discuter et de réfléchir à propos de la création (et la destruction) de valeur par et pour les parties prenantes des sphères publiques et privées, de la durabilité et pérennité de la valeur des projets, mais aussi des portefeuilles et des programmes, ainsi que du rôle du leadership dans la création de valeur.
En effet, plusieurs recherches montrent que la création (ou destruction) de valeur dépend étroitement de la gouvernance du projet (ex. : Too et Weaver, 2014) à plusieurs niveaux (Brunet, 2019; Champagne, 2013), directement ou indirectement, au moyen de ses fonctions, dont la gestion des parties prenantes, la gestion des risques (Willumsen et al., 2019), l’alignement stratégique (Morris et Jamieson, 2005; Ul Musawir et al., 2017; 2020), l’intégration de plusieurs organisations (Artto et al., 2016), la cocréation de bénéfices (Keeys et Huemann, 2017), la liaison entre le projet et l’organisation (Riis et al., 2019), etc. Alternativement, un cadre de gouvernance solide fournit les structures, rôles et responsabilités permettant de gérer les bénéfices du projet et continuellement les aligner stratégiquement afin de créer de la valeur (Hjelmbrekke et al., 2014; Ahlemann et al., 2013; Sapountzis et al., 2009; Sirisomboonsuk et al., 2018).
Néanmoins, ceci semble s’appliquer pour les projets du secteur privé où, à titre d’exemple, l’alignement des projets avec la stratégie de l’entreprise est régulièrement assuré et vise à garantir que la valeur créée par les projets soit pertinente et maximisée. D’ailleurs, la valeur livrée par le projet, souvent tangible, est généralement évaluée par les entreprises privées pour s’assurer d’un alignement stratégique persistant et que la valeur ajoutée perdure (Turner, 2009). Dans les projets publics, la diversité des parties prenantes et la divergence de leurs intérêts, valeurs et objectifs, conjuguées à la difficulté à se projeter dans l’avenir et de représenter le projet et son exploitation, présentent un risque significatif de retarder l’émergence du projet ou même de l’altérer considérablement (Ma et al., 2017).
Titre du colloque :
Thème du colloque :