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Quand l’organisation du travail vient à bout du collectif : le cas de l’intervention sociale au Québec

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Roxanne Poulin : UQAM - Université du Québec à Montréal

Résumé de la communication

Les personnes intervenantes sociales (IS) du réseau de la santé et des services sociaux (RSSS) font face à d’importantes contraintes engendrées par les nombreuses restructurations du RSSS, notamment le manque de personnel, la surcharge de travail et le manque de reconnaissance. Peu d’études ont exploré comment les IS composent avec ces contraintes pouvant affecter autant leur travail que leur bien-être.

Cette communication présente les stratégies mobilisées par ces IS pour composer avec ces conditions de travail et se maintenir en emploi. Basée sur un devis exploratoire qualitatif, cette étude, objet d’un mémoire de maîtrise, comporte onze entretiens semi-dirigés menés auprès d’IS de différents secteurs. Une analyse thématique a relevé que ces personnes se sentent dévalorisées, jugées et peu reconnues dans les équipes interdisciplinaires, vu la hiérarchie des rôles entre les professions composant ces équipes et reproduisant des stéréotypes genrés.

Une majorité de participant.e.s confirme l’apport de leurs collègues dans leur intention de rester en emploi mais l’organisation du travail actuelle, axée sur une intensification du travail et une limitation des ressources, menace le collectif de travail. Pour renforcer ce collectif, il faut repérer les facteurs organisationnels qui amènent sa destruction. Ces facteurs et leurs impacts sur la santé des IS seront étudiés dans le cadre de ma thèse.

Résumé du colloque

Depuis la fin des années 1980, l’évolution des politiques publiques québécoises est marquée par l’introduction de la nouvelle gestion publique (NGP) (Hood, 1991), d’abord dans le domaine de la santé (Bolduc, 2018), des services sociaux (Bourque, 2018), puis de la justice (Bernheim, 2023). Les principes à son fondement imposent la rationalisation des finances publiques par l’atteinte d’objectifs mesurables selon des indicateurs d’efficacité, d’efficience, de responsabilité et d’imputabilité. Les conséquences de ce mode de gouvernance sur les organismes et les acteurs du secteur public ainsi que les personnes qui y ont recours sont documentées. D’une part, l’évaluation de la performance du personnel devient tributaire de la célérité de l’intervention sans égard à la complexité de la tâche à accomplir. D’autre part, l’accès aux services publics est de plus en plus difficile en raison de leur rareté, mais aussi de l’imposition de conditions d’accès fondées sur des critères moraux et comportementalistes.

Si l’évolution des politiques publiques et leur implantation dans les domaines de la santé, des services sociaux et de la justice sont documentées, aucune analyse n’a transversalisé les constats dans ces trois domaines en contexte québécois. Or, des liens évidents sont à établir. D’abord, la logique de marché a transformé la conception de ce que sont les services publics. Ensuite, elle a des répercussions sur la qualité du travail des personnes au service de l’État, qu’il s’agisse du sens du travail ou de la capacité à déployer son autonomie professionnelle. Enfin, l’organisation des services sociaux, judiciaires et de santé sur le continuum de services a eu pour effet d’accroître la surveillance et le contrôle des personnes marginalisées, la justice devenant la « porte d’entrée dans les services ».

Le colloque abordera la thématique sous ces trois aspects, en privilégiant les communications portant sur plus d’un des domaines à l’étude.

Contexte

section icon Thème du congrès 2024 (91e édition) :
Mobiliser les savoirs en français
section icon Date : 14 mai 2024

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