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Iseult Séguin Aubé : Université de Montréal
Les objectifs de développement durable des Nations Unies reconnaissent l’importance d’offrir aux enfants un accès juste et équitable aux espaces verts urbains (EVU). Ces espaces peuvent notamment contribuer à l’amélioration de l’estime de soi des personnes adolescentes ainsi qu’à la réduction du stress et des symptômes dépressifs. Au moment où l’on observe une tendance à la hausse de la prévalence des troubles de santé mentale chez les jeunes, il apparait d’autant plus important de valoriser ce type de contact.
L’accès aux EVU de qualité est toutefois variable, des iniquités pouvant notamment être observées dans les milieux présentant un haut taux de défavorisation. Les réflexions qui seront présentées dans cete communication émergent d’un projet de recherche doctorale explorant les représentations paysagères des personnes adolescentes habitant des quartiers montréalais touchés par ces enjeux.
Les jeunes sont rarement impliquées dans les décisions concernant l’aménagement des EVU. Non seulement leur parole n’est pas valorisée, mais certaines stratégies associées au design discriminatoire sont parfois déployées afin de limiter leur présence dans l’espace public ou à tout le moins de le circonscrire et le contrôler. Ces tendances, qui vont à l’encontre de la Convention relative aux droits de l'enfant, doivent être inversées par le développement de pratiques innovantes visant à tisser des ponts entre les personnes adolescentes et le milieu de l’aménagement.
Les droits de l’enfant sont garantis par la Convention relative aux droits de l’enfant de 1989. Pourtant, les enfants et les jeunes continuent de faire face à des situations qui empêchent la réalisation de leurs droits. Certaines situations se sont empirées alors que de nouvelles problématiques sont apparues dans les dernières décennies. Cette constatation mène à s’interroger sur la pertinence de la Convention. On peut se demander notamment si une approche entièrement juridique, fondée sur les droits des enfants, est suffisante pour améliorer le bien-être et la citoyenneté des enfants et des jeunes. Allier les Objectifs de développement durable (ODD) des Nations Unies aux droits des enfants et des jeunes apporte une nouvelle lentille pour traiter des urgences sociales et des conflits mondiaux les touchant, notamment en lien avec les crises sanitaires et sociales, la sécurité alimentaire, les catastrophes écologiques ou encore l’affaiblissement des systèmes démocratiques. Alors que les programmes de développement, aujourd’hui, adoptent une approche fondée sur les droits de la personne, il est aussi intéressant d’adopter une approche de développement pour discuter des droits des enfants/jeunes et de leur réalisation.
Le colloque découle d’une volonté du Laboratoire de recherche interdisciplinaire sur les droits de l’enfant (LRIDE) de réunir les réflexions et les préoccupations actuelles entourant les droits des enfants et des jeunes, en s’appuyant sur une démarche critique contributive de l’évolution et de la transformation des pratiques dans ce domaine d’études interdisciplinaire. Le colloque apporte un regard critique à la Convention en examinant des problématiques actuelles sous des approches alternatives, faisant ainsi évoluer le champ des études des droits de l’enfant et des jeunes par un enrichissement mutuel apporté par différentes disciplines. Les propositions de communication peuvent s’inscrire dans un des axes proposés, qui permettent de discuter des liens entre la réalisation des droits des enfants/jeunes et des ODD au moyen de deux angles de réflexion que sont la participation des enfants et des jeunes, d’une part, et les dynamiques partenariales dans différents contextes et cultures, d’autre part.
Le colloque est offert la journée du 14 mai 2024 en format comodal. La journée est structurée autour de panels de présentation qui sont suivis d’un temps de discussion collectif afin de valoriser la transversalité des réflexions.
Titre du colloque :