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Éléonore Mercier-Decorte : Université de Montréal
Au Québec comme ailleurs, le secteur agricole s’est grandement transformé au cours du XXe siècle. Dans les champs, les projets de modernisation, d’industrialisation, et de libéralisation économique se sont traduits, entre autres, par la mécanisation, la spécialisation de la production, ainsi que le recours aux engrais chimiques et aux pesticides. Actuellement, plusieurs agriculteurs-rices mettent sur pied des projets agricoles à contre-courant du modèle dominant.
Dans le cadre de mon projet de recherche à la maîtrise en anthropologie, je m’intéresse aux régimes de valeurs qui guident les pratiques des maraîchers-ères prenant part à des initiatives québécoises d’agriculture de proximité écologique et diversifiée. Cette communication se base sur les données issues de cette recherche en cours, et présente une réflexion sur le sens et la valeur du travail. En effet, pour ces maraîchers-ères s’opposant vivement au modèle économique dominant, le sens et la valeur du travail s’enracinent dans la finalité utile – voire nécessaire – des activités, ainsi que dans leur ancrage dans le contexte local spécifique. À travers leurs pratiques et engagements quotidiens, les maraîchers-ères rencontré.e.s proposent et performent (enact) une manière d’habiter, et de rendre habitable les milieux de vie.
Le dernier rapport du GIEC réaffirme le consensus scientifique sur l’évolution du climat : réchauffement planétaire, transformation de la biodiversité, émergence plus fréquente des zoonoses, déforestation, épuisement des ressources naturelles et des chaînes alimentaires, démultiplication des catastrophes et de leur intensité, exodes climatiques et bien d’autres phénomènes qui caractérisent les changements climatiques et leurs conséquences.
Ici, nous partons de l’hypothèse que la Terre est littéralement terraformée par deux processus de mondialisation qui sont désormais interdépendants et indissociables : l’urbanisation planétaire (englobement 1, pensé par l’anthropologie de la mondialisation, les études urbaines, la sociologie, etc.) et le changement global (englobement 2, pensé par la science du système-Terre). L’urbanisation planétaire vectorise les changements climatiques, qui vectorisent désormais l’urbanisation planétaire, qui vectorise l’habitabilité (pensée par l’écologie, les études de l’environnement, les sciences sociales, l’architecture, etc.). L’urbain anthropocène est donc la période géo-sociale-historique qui correspond à une montée de la menace sur l’habitabilité et qui nous oblige à développer des cadres conceptuels et des démarches épistémologiques qui nous permettent d’appréhender ces transformations.
L’objectif de ce colloque est de saisir les processus urbains dans une perspective interdisciplinaire et, ainsi, développer une posture épistémologique grâce aux contributions de plusieurs chercheur·e·s. Cela se fera en étudiant les flux, les patchs et les configurations permettant d’appréhender le rôle de l’urbanisation dans les changements climatiques et de comprendre comment les liens entre les villes et la crise climatique reconfigurent l’ordre social, économique, juridique et politique contemporain.
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