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Mélusine Dumerchat : UQAM - Université du Québec à Montréal
Depuis quelques années, les violences de genre commises dans l’espace public ont attiré l’attention des pouvoirs publics et de plusieurs municipalités au Québec. Et pour cause, différentes études et interventions sur ces violences, couramment appelées « harcèlement de rue », ont récemment été initiées dans les milieux communautaires et universitaires (Blais et al., 2021; Courcy et al., 2022; Dumerchat, 2023). Ces travaux ont notamment démontré les impacts structurant des violences genrées et des peurs qui en sont le corollaire sur l’accès à l’espace public, contribuant ainsi au renouvellement de l’analyse féministe des violences et à la réémergence, dans le champ de l’action publique, de l’enjeu de la sécurité des femmes en ville. Je propose de m’attarder dans cette communication sur la contribution de la recherche actuelle sur le harcèlement de rue à l'analyse féministe des violences, ainsi que sur les mesures innovantes qui ont été développées pour favoriser l’accès des femmes à l’espace public dernièrement au Québec, et enfin sur certains enjeux et défis entourant la mise en œuvre de l’approche féministe dans le contexte des politiques locales. Pour ce faire, je m’appuierai sur mes recherches et notamment celles menées dans le cadre de partenariats sur la sécurité des femmes, des filles et des personnes des minorités de genre dans l’espace public, à Montréal et à Sherbrooke.
En dépit d’avancées notables dans la promotion de l’égalité des genres au Canada, les manifestations de violences à l’encontre des filles et des femmes subsistent sous différentes formes. Ce constat met en lumière un enjeu important : malgré l’augmentation de la recherche et la mobilisation des connaissances, un manque d’engagement intersectionnel, interdisciplinaire et partenarial perdure, entravant l’adaptation des actions de sensibilisation, prévention, intervention et défense des droits aux complexités des violences faites aux filles, aux femmes et à leurs enfants laissant perdurer des approches cloisonnées.
C’est ici qu’interviennent les collectifs de recherches et d’actions SAS-Femmes et FemAnVi. SAS-Femmes accorde la priorité à la collaboration, en travaillant étroitement avec celles et ceux directement touchés par la violence ou qui les soutiennent, en vue de développer des recherches et des actions contribuant à assurer la sécurité, l’autonomie et la santé des filles et des femmes. FemAnVi vise à développer et soutenir les recherches, interventions sociales et actions militantes s’inscrivant dans les luttes féministes contre les violences faites aux femmes et aux enfants. Dans les deux cas, les activités poursuivies s’inscrivent dans une démarche de réciprocité et de coconstruction des savoirs impliquant chercheur·e·s, étudiant·e·s, intervenant·e·s, militant·e.s féministes et expertes de vécu.
Les efforts consentis, autant dans SAS-Femmes que dans FemAnvi, s’inscrivent dans une perspective féministe intersectionnelle engagée, favorisant la recherche interdisciplinaire et l’action intersectorielle. Dans une approche appliquée et partenariale, les travaux menés soutiennent la mise au point de méthodes de recherche et de pratiques d’interventions innovantes qui brisent les silos. Les deux collectifs unissent ici leurs efforts afin d’enrichir le dialogue sur les recherches et les actions à prioriser en violences faites aux filles, aux femmes et aux enfants.
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