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Alexandre Lanoix : Université de Montréal
Le concept de littératie a d’abord fait surface dans le champ de l’enseignement et de l’apprentissage des langues premières afin de proposer une conception de la lecture qui irait au-delà du décodage des lettres et des mots pour mettre l’accent sur la production de sens. Même après plusieurs années de développement, il est souvent employé sans être défini de manière précise (Hébert et Lépine, 2013). La recherche de Shanahan et Shanahan (2008), abondamment citée dans les études menées aux États-Unis, soutient de manière convaincante l’idée qu’il existe des littératies propres à chaque discipline.
Dans le but d’apporter un éclairage nouveau à ces questions, nous réalisons une revue systématique des recherches employant le concept de littératie historique afin de mieux le contextualiser. Nous avons recensé 50 textes scientifiques publiés depuis 2000 qui s’intéressent à la littératie historique. À travers une analyse de cette littérature, nous explorons sous différents angles la portée et la forme que prend la littératie historique dans ces recherches. Cette analyse nous permet de réfléchir aux liens qui peuvent être tissés entre les diverses traditions de recherche qui s’appuient plutôt sur la pensée historienne, la conscience historique ou l’enquête historique.
L’enseignement des sciences humaines à l’école vise à développer des habiletés intellectuelles relatives à l’argumentation, à la critique, à la synthèse, à l’analyse de documents, etc. (Lee et Shemilt, 2003). Ces habiletés sont réputées outiller les élèves pour faire face aux problématiques sociales actuelles (Dalongeville, Éthier et Lefrançois, 2022). Cependant, si, d’un côté, les élèves démontrent des capacités à exercer ces habiletés lorsqu’il y a des séquences consacrées à cet effet (Cariou, 2022; Doussot, 2018), d’un autre côté, le personnel enseignant semble privilégier la mémorisation afin d’assurer la transmission de connaissances essentielles (Boutonnet, 2015; Moisan et Saussez, 2019).
Pourtant, la plupart des modèles théoriques sur la pensée historienne ou géographique convergent pour proposer des activités qui mènent les élèves au-delà de la mémorisation. Comment alors favoriser un enseignement critique des sciences humaines? Quels apprentissages sont essentiels? Quels dispositifs d’enseignement permettent de réaliser ces apprentissages? Quelles contraintes pourraient limiter certains apprentissages ou certaines pratiques?
Plusieurs ressources et moyens didactiques peuvent être mobilisés afin de réaliser des apprentissages complexes et durables. Les approches fondées sur la problématisation, la conceptualisation, le débat, l’argumentation, l’usage critique de ressources semblent montrer des effets positifs sur le développement d’habiletés intellectuelles. Mobiliser des savoirs et des habiletés intellectuelles demeure une priorité pour l’école et les programmes, mais dans quelles conditions? Et avec quels moyens? Ce colloque vise à échanger et à proposer des pistes de solution pour favoriser un enseignement critique des sciences humaines tout en considérant les contraintes inhérentes au travail enseignant, mais aussi en posant un regard critique sur les propositions théoriques afin de mieux arrimer les finalités, les apprentissages et les pratiques.
Titre du colloque :