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Adjoua Valérie Djè Epse Éthien : École normale supérieure d'Abidjan
Le point de départ de notre recherche est le constat de l’utilisation avérée des variétés de français de Côte d’Ivoire par des enseignants pendant le processus didactique et la volonté de comprendre, voire d’expliquer les raisons de cette transgression de la politique linguistique éducative. En effet, présenté comme une condition sine qua non de réussite scolaire, le français académique est l’unique médium prescrit pour l’enseignement-apprentissage à tous les niveaux du système éducatif. Dans cette logique, toute concession faite à une langue/variété linguistique autre que ce français normé dans l’enseignement, est perçue comme un égarement (Kouamé, 2008).
Alors, pourquoi un tel non-respect de la politique linguistique éducative par des enseignants, censés en être les garants dans l’espace-classe ?
Partant de l’hypothèse que « les représentations que les locuteurs se font des langues, de leurs normes, de leurs caractéristiques ou de leurs statuts au regard d’autres langues, influencent les procédures et les stratégies qu’ils mettent en oeuvre pour les apprendre et les utiliser » (Castellotti et Moore, 2002 : 7), nous posons que ces pratiques sont intrinsèquement liées aux images et aux jugements subjectifs que les enseignants ont du français académique et de sa pertinence en tant qu’unique médium d’enseignement-apprentissage.
À partir d’entretiens qualitatifs menés auprès d’enseignants, la présente communication se propose d’étudier les représentations de ces derniers.
Bien que déterminantes dans les attitudes, décisions et actions d’une personne apprenante ou enseignante (Blaser et al., 2015), les conceptions sont, en tant qu’objet de recherche, difficiles à cerner. À la manière des erreurs, qui sont révélatrices d’obstacles mais aussi de progrès (Astolfi, 2009), les conceptions sont un levier pour l’action didactique, et leur étude paraît incontournable. En contexte de classe de langue (langue d’enseignement, langue seconde ou additionnelle), les conceptions, dont celles relatives à la grammaire et à l’écriture, peuvent influer de manière importante sur l’appropriation et l’enseignement des objets d’enseignement et le développement de compétences (langagières, professionnelles).
Dans le cadre de ce colloque, nous nous intéressons à trois axes principaux en lien avec les conceptions des personnes apprenantes et enseignantes en classe de langue :
Les chercheur·ses, d’expérience et émergent·es, sont invité·es à proposer une communication s’inscrivant dans le champ de la didactique de la grammaire, de la didactique de l’écriture ou de la didactique des langues plus généralement, en français ou dans d’autres langues adoptant des perspectives diverses (théorique, empirique, méthodologique) et étudiant des contextes divers (classes plurilingues, contexte francophone minoritaire, etc.).
Titre du colloque :