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(Re)penser les injustices épistémiques dans les études en gestion : une auto-ethnographie de la positionnalité d'une chercheuse blanche sur un terrain contesté

JG

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Julie Gauneau : HEC Montréal

Résumé de la communication

Ce papier s’appuie sur une auto-ethnographie (Dubé, 2016; Ellis et al., 2011; Chang, 2008) menée dans le cadre d’une recherche-action que j’ai réalisée dans une micro-entreprise canadienne, dont l’objectif était de développer des indicateurs d’impact social visant à mesurer les changements apportés par un plan d’action en équité, diversité et inclusion déployé dans un service de police. L’objectif du papier est d’explorer les enjeux d’injustice et de privilège épistémique (Fricker, 1999 et 2007, Dorlin, 2021) sur le terrain, à travers les affects associés à la « gestion » de ma positionnalité (Hauge, 2020) de chercheuse blanche sur un terrain contesté (Hauge, 2020). Pour le moment, mes résultats mettent en lumière et interrogent d’une part le sentiment d’illégitimité épistémique qui m’a habité sur le terrain du fait de mon statut de personne blanche travaillant sur des enjeux de racisme, auprès d’une entreprise dirigée par deux femmes issues de communautés marginalisées. D’autre part, mon journal de terrain montre l’existence d’une forme de piège épistémique dans lequel je me suis retrouvée prise du fait de mon statut de chercheuse, embauchée pour développer des outils « scientifiques », et questionne les enjeux de pouvoir dans la production de connaissances.

Résumé du colloque

Ce colloque souhaite orchestrer une réflexion interdisciplinaire sur les injustices épistémiques—réflexion que l’on souhaite aborder sous divers angles (théorique, méthodologique, pratique, empirique). Champ de recherche fort dynamique, cette littérature s’intéresse aux diverses inégalités et injustices liées à l’acquisition, au partage et à la reconnaissance de certains savoirs, et aux liens étroits entre ces inégalités et les rapports de pouvoir. Ces recherchent tentent en outre de saisir comment les préjugés négatifs ambiants (e.g. sexistes, âgistes, capacitistes, sanistes, racistes, classistes) affectent la crédibilité accordée aux savoirs de certains groupes, mais aussi à réfléchir aux moyens de pallier à ces déficits de crédibilité et à la marginalisation. Bien que de nombreux écrits féministes et décoloniaux aient précédemment exploré certaines facettes des phénomènes en question, l’ouvrage phare de Miranda Fricker, Epistemic Injustice (2007), a donné un cadre analytique bien défini au sujet – un cadre repris, critiqué et amendé par plusieurs chercheurs et chercheuses dans la dernière décennie. L’importance et la pertinence de ce corpus est considérable pour les sciences sociales, car il soulève des enjeux complexes sur nos façons de produire et de partager des connaissances. Comment produire celles-ci avec les personnes et les communautés étudiées? Comment bien reconnaître les différentes formes de savoirs? Et comment réfléchir sur les inégalités produites par les nouvelles connaissances ou par certaines méthodologies de recherche?

Contexte

section icon Thème du congrès 2024 (91e édition) :
Mobiliser les savoirs en français
section icon Date : 14 mai 2024

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