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Marie-Ève Dugas : UQAR - Université du Québec à Rimouski
L’éducation par la nature [EPN] est-elle réalisable avec des élèves en situation de handicap [ESH] ? Quels sont les retombées et les défis de l’éducation par la nature pour ces élèves dans les classes inclusives en contexte d’EPN ? Le but de cette présentation est de présenter une recension des écrits sur l’inclusion des ESH dans un contexte d’éducation par la nature. Le terme EPN a été choisi pour accorder une attention particulière aux interactions avec la nature dans l’apprentissage, dans un contexte d’éducation en plein air qui renvoie plus largement à toute situation d’apprentissage extérieure, peu importe le milieu (Ayotte-Beaudet et coll., 2022). L’éducation inclusive par la nature [EIPN] est un concept peu exploré, les recherches qui s’intéressent aux ESH sont peu nombreuses (Dymenter et Potter, 2015). L’éducation inclusive par la nature est une approche qui veille à la sécurité et à l’engagement des ESH en nature (Arias, 2023). Certains travaux révèlent que l’approche d’EIPN peut éviter que certains élèves vivent de l’exclusion dans un tel contexte (Dillenschneider, 2007). La méthode de recension s’appuie sur les étapes décrites par Fournier Dubé et al. (à paraître). Les résultats permettront de mieux cerner les obstacles et facilitateurs physiques, sociaux et pédagogiques (p. ex., Paré et al., 2015), pour être équitable avec tous les élèves (UNESCO, 2018) dans une classe d’éducation inclusive par la nature.
Les personnes passent aujourd’hui de moins en moins de temps en plein air et au contact de la nature, tendance qui semble être associée à l’augmentation de leur engagement dans les technologies basées sur les écrans (Oswald et al., 2020). Ce phénomène s’avère particulièrement préoccupant, car un contact déficitaire avec la nature au profit des écrans les priverait de retombées importantes sur les plans physique, cognitif et psychologique ainsi que d’occasions de développer une conscience environnementale (Kuo et al., 2019). Or, par l’éducation en plein air, les milieux éducatifs peuvent contribuer à augmenter le temps passé dehors, la santé globale, tout en contribuant à la réussite éducative des élèves (Mygind et al., 2019).
Sur le plan physique, l’éducation en plein air permettrait d’améliorer les aptitudes sensorielles (Yogman et al., 2018), de diminuer la sédentarité et d’augmenter l’activité physique d’intensité légère (Miller et al., 2021). Sur le plan cognitif, le contact avec la nature serait globalement associé à une amélioration de la mémoire de travail, de la créativité et des compétences d’autorégulation (Flouri et al., 2019; Johnstone et al., 2022). Sur le plan psychologique, le contact avec la nature aurait le potentiel de réduire les symptômes liés à l’anxiété (Coventry et al., 2021) et favoriserait le bien-être psychologique (Piccininni et al., 2018). Sur le plan environnemental, les contacts directs avec la nature permettraient de développer une attitude de respect et de responsabilité envers l’environnement (Kuo et al., 2019).
L’objectif du colloque est donc de brosser un portrait des recherches contemporaines menées par la communauté étudiante et associées à l’éducation en plein air, de la petite enfance à l’enseignement supérieur. Ce portrait permettra d’apporter des réponses à une question de société qui nous paraît essentielle : Quels sont les bénéfices, enjeux ou limitations de l’éducation en plein air au regard de l’amélioration de la qualité des situations éducatives?
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