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Tendances multivariées des crues au Canada

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Fateh Chebana : INRS - Institut national de la recherche scientifique

Résumé de la communication

Les impacts du changement climatique (CC) sur les régimes hydrologiques sont très préoccupants. Les crues comptent parmi les événements hydrologiques les plus importants, en termes de pertes humaines et de coûts économiques. A cause du CC entre autres, la fréquence et l’intensité des crues seront en hausse. De plus, les crues sont considérées comme des événements multivariés décrits par leurs pointe et volume parmi d’autres variables dépendantes. Par conséquent, un cadre multivarié est nécessaire pour traiter les différentes composantes des tendances des crues. Notre objectif est d'étudier les tendances des crues au Canada. Plus de 140 stations hydrométriques avec des enregistrements sur une période commune de 45 ans sont analysées. Les tendances spatiales des séries de crues sont étudiées à l'aide de tests de tendances statistiques univariés et multivariés. En particulier, des tests de tendance multivariés récemment développés sont appliqués pour mieux identifier les composants affectés (volume, pointe, leur dépendance ou toute combinaison de ceux-ci). Les résultats de cette étude sont présentés dans différentes cartes pour une meilleure visualisation. Cette étude peut être menée dans d'autres régions et/ou d'autres événements hydrologiques, tels que les sécheresses, où des données spatiales sont disponibles.

Résumé du colloque

Des risques à réévaluer

2023 est l’année des records. Record des températures d’abord : juillet 2023 a été le mois le plus chaud jamais enregistré dans le monde avec 0,51 degré au-dessus de la moyenne 1991-2020. Des sécheresses, ensuite : l’Europe a connu une sécheresse historique durant l’été 2023. Des incendies, enfin : à la mi-août, le Canada enregistre plus de 14 millions d’hectares de surface brûlée, dont plus de 700 000 hectares pour le Québec, selon la SOPFEU à la même période. Pourtant, le Canada est un précurseur dans la prévision du risque d’incendies de forêt avec l’indice forêt-météo, de Ressources naturelles Canada, qui évalue le risque d’incendie sur une base quotidienne. Le calcul du risque est renforcé par une couverture satellitaire des points chauds partout au pays, avec à la clé une cartographie du risque. Mais le Canada est un pays de forêts, et la forêt est à la fois victime des incendies et vecteur, car elle fournit elle-même le carburant (combustible). Paradoxalement, c’est la zone nordique qui est la plus touchée. Le 15 août, la Ville de Yellowknife, au nord du 62e parallèle, ordonne l’évacuation de ses 20 000 habitants en raison de menaces d’incendies. Les conditions météorologiques y étaient favorables à cause de la sécheresse qui a sévi. Les causes des incendies sont pour plus de 80 % d’origine naturelle (foudre). En juin déjà, un grand nombre de foyers sont déclarés incontrôlables. Faut-il revoir l’indice forêt-météo à la lumière des changements climatiques? Les défis demeurent énormes aussi sur les plans de la prévention et de l’adaptation à ces risques, et les recherches doivent mettre l’accent sur ces aspects.

Les recherches devraient se poursuivre également sur d’autres risques, plus récurrents. La cartographie des zones inondables, par exemple, est à parfaire, et les modèles de prévision sur les périodes de retour des crues extrêmes, à améliorer.

Contexte

section icon Thème du congrès 2024 (91e édition) :
Mobiliser les savoirs en français
section icon Date : 14 mai 2024

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