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Trauma et autisme : que disent les personnes autistes sur les événements vécus comme traumatiques ?

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Charlotte Moore : Université de Montréal

Résumé de la communication

La littérature montre que les personnes autistes sont plus à risque de vivre des événements traumatiques (Kerns et al., 2015). Toutefois, les études sur le trauma chez les personnes autistes portent majoritairement sur des aspects cliniques, tels que la symptomatologie et les évaluations (Haruvi-Lamdan et al., 2017). On connait peu la perception des personnes autistes sur ce qu’elles considèrent comme traumatique (Haruvi-Lamdan et al., 2017). De ce fait, une récente étude qualitative s’est intéressée à la perception de personnes autistes sur ces événements (Kerns et al., 2022). Dans la même optique, la présente étude vise à (1) explorer les sources de traumas exprimées par des personnes s’identifiant comme étant autistes (2) déterminer si la catégorisation de Kerns et al. (2022) est reproduite et (3) analyser la proportion de sources recensées entrant dans la définition du trouble de stress post-traumatique (TSPT) du DSM-5-TR. Une analyse thématique de deux forums a permis la recension des sources de trauma. Ces analyses qualitatives se sont faites à l’aide du logiciel QDA Miner. Selon les résultats préliminaires, un total de 65 sources considérées comme traumatiques ont été recensées. De ces sources, 73,66% n’entrent pas dans la définition des critères du DSM-5-TR. Ce projet vise à mettre l’accent sur le point de vue des personnes autistes concernant les éléments traumatiques qu’elles peuvent vivre, dans le but d’y faciliter la prévention et l’intervention.

Résumé du colloque

La thématique retenue dans le cadre de ce colloque porte sur l’apport de la recherche et du développement des pratiques pour favoriser l’inclusion des personnes autistes* ou présentant une déficience intellectuelle (DI). Avec l’adoption des objectifs de développement durable et de l’agenda « Ne laisser personne de côté », il y a un élan mondial pour garantir que les groupes marginalisés, notamment les personnes autistes ou présentant une DI, soient inclus et pris en compte dans les principaux efforts de développement (ONU, 2023). Une société juste et équitable prône la non-discrimination, la pleine participation, le respect des différences et l’acceptation des diversités, y compris la neurodiversité (I SAID, 2023). Divers principes et pratiques vont dans le sens d’une considération des personnes autistes ou présentant une DI comme partie intégrante de la société : individualisation des réponses aux besoins, valorisation et reconnaissance de chacun et chacune, égalité de droits, respect des droits et libertés individuels, citoyenneté pour tous et toutes ainsi qu’ouverture à la différence. Cependant, certains défis persistent. Il subsiste une différence entre la volonté d’inclusion et la réalité. Les principes d’inclusion ne sont pas respectés par tout le monde et les pratiques inclusives ne sont pas mises en place partout. Ainsi, la réussite de l’inclusion ne repose pas que sur la personne elle-même, mais aussi sur la société (Botha et Frost, 2020). L’inclusion vise la transformation des différents milieux de vie de la personne (familial, de garde, d’études, de loisir et de travail) pour les adapter à ses particularités. Travailler pour l’inclusion signifie que l’on accepte d’adapter les pratiques et l’environnement pour que chaque personne puisse exprimer son plein potentiel.

* En accord avec les préférences de la majorité de la communauté autiste, l’expression « personne autiste » est employée pour désigner une personne ayant un diagnostic de trouble du spectre de l’autisme (Fecteau et al., soumis).

Contexte

section icon Thème du congrès 2024 (91e édition) :
Mobiliser les savoirs en français
section icon Date : 14 mai 2024

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