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Mikayla Salmon-Beitel : Université de Montréal
L’intégration dans un nouveau pays présente des défis particuliers pour les femmes réfugiées, qui ont tendance à s’isoler davantage (Schiestl et al., 2021 ; Majidi, 2023). Le temps passé dans la nature, et surtout le jardinage, a de nombreux bienfaits sur la santé physique et mentale des personnes réfugiées (Millican et al., 2019). Il peut également aider avec le rétablissement des traumatismes et à favoriser le sentiment d’appartenance au territoire d’accueil (Abramovic et al., 2019).
Cet automne, j’ai entrepris mon stage de maitrise au Garten der Begegnung, un organisme communautaire à Traiskirchen, Autriche, dont l’objectif est de rassembler des réfugiés et des citoyens locaux autour d’activités d’agriculture écologique. L’objectif de mon projet d’intervention était de favoriser l’inclusion des femmes ayant vécu un parcours de réfugiée au GdB, afin de les soutenir dans leurs processus d’intégration.
Tous les mercredis, pendant près de quatre mois, des demandeuses d’asile, des femmes réfugiées et des femmes autrichiennes ont participé à la Journée des femmes au GdB. À travers ce projet, nous avons pu bâtir une communauté de femmes où l’entraide et l’auto-détermination étaient favorisées par le biais d’activités horticoles, culinaires et éducatives. Cette présentation s'appuiera sur mes expériences au Garten der Begegnung, illustrant comment les approches écosociales et interculturelles peuvent être utilisées pour soutenir la résilience et l'intégration des femmes réfugiées.
L’accélération sans précédent des changements climatiques se fait ressentir avec acuité partout autour de la planète (GIEC, 2023) et touche inégalement les communautés les plus opprimées et démunies (Thésée et Carr, 2008). Devant les défis et problèmes sociaux et de santé qui découlent des enjeux socioécologiques (Grandgeorge, 2022), le champ du travail social se réorganise progressivement afin de développer des pratiques et formations écosociales (Boetto, 2017) au service de la transition sociale-écologique (TSE) (Basto, 2023) et du développement de liens sensibles et réciproques à la Nature-territoire (Larocque, 2023).
Alors que de nouveaux repères se construisent, le moment est opportun pour renforcer les liens entre les acteurs variés du travail social et des disciplines connexes afin d’être mieux outillés, collectivement, pour assurer ce tournant « vert » (MacDonald et al., à venir) et transformateur (Boetto, 2019) dans les milieux de formation et d’intervention. Ce colloque vise ainsi à contribuer à l’avancement des connaissances du travail écosocial et à favoriser la solidarité entre les milieux de pratique et universitaires, et à décloisonner les savoirs scientifiques entre divers champs disciplinaires. Il s’agira de profiter de l’occasion pour faire le lancement de deux numéros exclusifs portant sur le travail écosocial, portés par les revues Intervention (Larocque, Roy et MacDonald) et Reflets (Paris), et de rassembler des contributions autour de trois axes :
1) Transformation paradigmatique : Quelles collaborations et partenariats doivent être tissés ou solidifiés pour appuyer un changement en profondeur des fondements épistémologiques du travail social ? Comment soutenir les divers acteurs concernés vers le développement de leur pensée écosociale afin de favoriser la transformation des structures sociétales et des rapports sociaux ? Comment le travail social peut-il contribuer au développement de liens sensibles et d’interdépendance à la Nature-territoire (Boelen, 2021) ?
2) Enjeux épistémiques : Comment construire des projets d’innovation socioécologique qui reflètent les besoins et réalités hétérogènes des populations marginalisées, les plus touchées par les changements climatiques ? Quelles stratégies de recherche, de formation ou d’intervention transcendent les savoirs hégémoniques et promeuvent la responsabilité épistémique (Gauthier, 2023) ainsi que la pensée décoloniale et pluriverselle (Escobar, 2018) ? Comment intégrer les voix et les besoins des autres-qu’humains au sein de ce processus de transformation de notre savoir-être et savoir-faire ?
3) Développement des pratiques et méthodes écosociales : Quels sont les outils pédagogiques et les pratiques existantes, novatrices ou en émergence qui s’alignent avec la vision écosociale et avec la TSE ? Comment appliquer ces méthodes pour répondre aux réalités locales et rehausser la résilience des collectivités ?
Titre du colloque :