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Une perspective inclusive des besoins humains : un nouveau cadre de référence

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David Castrillon : PCEIM, Projet collectif en inclusion à Montréal

Résumé de la communication

Le Projet collectif en inclusion à Montréal est une organisation à but non lucrative qui œuvre dans le domaine de la santé mentale dans une perspective collective d’inclusion. Nous avons élaboré un cadre de référence, conceptuel et opérationnel (CRCO) (Pichon-Rivière, 2004) sur l’inclusion, résultant d’une pluralité de disciplines telles que la psychologie collective, la psychiatrie critique, l’économie, l’anthropologie générale, les sciences cognitives, la philosophie, entre autres. Ce cadre nous a permis de guider la conception de projets et leur évaluation. Partant d’une perspective non dualiste de l’esprit (du mental), nous nous sommes inspirés du modèle de besoins humains proposé par Max-Neef, Elizalde et Hopenhayn (1986) afin de promouvoir des approches non pathologisantes et non individualisantes de la souffrance humaine. Nos pratiques reconnaissent ainsi des épistémologies traduisant la remise en question de la conception occidentale dominante de la condition humaine.Cette communication s’insère dans la thématique d’« innovations, solutions et créativité dans la recherche décoloniale et intersectionnelle ». Elle vise à partager une perspective pouvant servir de référence aux projets et aux recherches sur l’inclusion, en suscitant une réflexion sur la tension entre l’universalité des besoins humains (partagés en tant qu’êtres humains) et les réponses particulières à ces besoins (dépendant du contexte) et à trouver des voies inclusives pour gérer cette tension.

Résumé du colloque

Ces dernières années, l’appel aux méthodologies intersectionnelles et décoloniales en recherche s’est fait plus urgent au Québec et dans la francophonie, reflétant un profond changement dans les priorités des chercheurs et la prise de conscience de la société. L’intersectionnalité, créée à l’origine par Crenshaw (1989), est un concept qui reconnaît que les individus incarnent des identités multiples fondées sur la race, le genre, la sexualité, la classe sociale, etc. Simultanément, les méthodologies décoloniales remettent en question l’héritage tenace du colonialisme dans le monde universitaire. Elles encouragent les chercheurs à examiner d’un regard critique les structures de pouvoir ancrées dans les pratiques de recherche, la production de connaissances et la représentation, tout en mettant l’accent sur les voix et les points de vue des communautés marginalisées (Bell et al., 2020). Le mouvement en faveur de la décolonisation reconnaît qu’une grande partie de la recherche traditionnelle a perpétué les préjugés coloniaux et réduit au silence les voix autochtones, non occidentales et historiquement marginalisées (Held, 2019; Tuhiwai, 2022; Darder, 2019). Bien que la communauté universitaire reconnaisse l’urgence de considérer de nouvelles approches, les chercheur·e·s ont souvent du mal à appliquer des méthodologies non traditionnelles telles que les approches intersectionnelles et décoloniales, et ce, pour plusieurs raisons. Tout d’abord, ces méthodologies exigent un changement fondamental de perspective et une réflexion personnelle approfondie, ce qui peut être inconfortable. Deuxièmement, elles exigent une reconfiguration des processus de collecte et d’analyse des données qui peut s’avérer substantielle et requérir du temps et des ressources accrues (Misra et al., 2020; Quinless, 2022). Troisièmement, l’inertie institutionnelle et la résistance au changement au sein des disciplines peuvent entraver leur adoption. Enfin, le manque de formation et de compréhension de ces nouvelles méthodologies constitue un obstacle.

Malgré ces difficultés, la reconnaissance croissante de leur importance dans la résolution des complexités sociétales et la promotion de l’inclusion pousse progressivement les chercheur·e·s francophones à les adopter, bien qu’à un rythme plus lent. En accueillant des approches innovantes, en encourageant le dialogue et en bousculant les contours de la recherche traditionnelle, ce colloque contribuera à faire émerger des stratégies concrètes pour des méthodologies et approches conductives à l’EDI et la décolonisation. Le besoin de ces méthodologies est alimenté par une reconnaissance croissante des limites des paradigmes de recherche traditionnels (Ndlovu-Gatsheni, 2019; Hamel-Charest, 2022). L’objectif du colloque est de créer un espace de réflexion sur les défis émergents et occasions en recherche liées aux méthodologies visant la décolonisation, l’équité et la justice intersectionnelle selon une perspective interdisciplinaire.

Contexte

section icon Thème du congrès 2024 (91e édition) :
Mobiliser les savoirs en français
section icon Date : 14 mai 2024

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