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Audrey Bujold : UQO - Université du Québec en Outaouais
Dans le cadre mes études doctorales, j’étudierai le point de vue situé des femmes qui choisissent des grossesses et des accouchements non assistés en intégrant mon propre positionnement de femme concernée par cette réalité. En termes d’injustices épistémiques, mon projet vise ainsi à donner la parole à des femmes silencées par les discours scientifiques traditionnels et à développer des ressources herméneutiques autour d’expériences périnatales généralement invisibilisées au sein l’appareil médico-étatique québécois. Pour attester de la rigueur scientifique de mon projet, j’utiliserai des critères de scientificité renouvelés et cohérents avec mon cadre épistémologique féministe. Conséquemment, cette communication vise à présenter les six critères de scientificité avancés par Hesse-Biber et Piatelli en 2012, et les deux principaux outils méthodologiques (journal réflexif et récit autoethnographique) que je mobiliserai pour les atteindre dans ma thèse. Ces critères féministes ne sont pas destinés à créer une science distincte, mais plutôt à contribuer aux changements au sein de la science existante, notamment en luttant contre les injustices épistémiques. Pourtant, je vous le demande, ces critères sont-ils « suffisants » pour produire une recherche qualitative scientifiquement rigoureuse ?
Ce colloque souhaite orchestrer une réflexion interdisciplinaire sur les injustices épistémiques—réflexion que l’on souhaite aborder sous divers angles (théorique, méthodologique, pratique, empirique). Champ de recherche fort dynamique, cette littérature s’intéresse aux diverses inégalités et injustices liées à l’acquisition, au partage et à la reconnaissance de certains savoirs, et aux liens étroits entre ces inégalités et les rapports de pouvoir. Ces recherchent tentent en outre de saisir comment les préjugés négatifs ambiants (e.g. sexistes, âgistes, capacitistes, sanistes, racistes, classistes) affectent la crédibilité accordée aux savoirs de certains groupes, mais aussi à réfléchir aux moyens de pallier à ces déficits de crédibilité et à la marginalisation. Bien que de nombreux écrits féministes et décoloniaux aient précédemment exploré certaines facettes des phénomènes en question, l’ouvrage phare de Miranda Fricker, Epistemic Injustice (2007), a donné un cadre analytique bien défini au sujet – un cadre repris, critiqué et amendé par plusieurs chercheurs et chercheuses dans la dernière décennie. L’importance et la pertinence de ce corpus est considérable pour les sciences sociales, car il soulève des enjeux complexes sur nos façons de produire et de partager des connaissances. Comment produire celles-ci avec les personnes et les communautés étudiées? Comment bien reconnaître les différentes formes de savoirs? Et comment réfléchir sur les inégalités produites par les nouvelles connaissances ou par certaines méthodologies de recherche?
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