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Oumoul Khaïry Coulibaly : Université Cheikh-Anta-Diop
Les mesures prises par le Sénégal pour endiguer le coronavirus ont mis en évidence la faiblesse de ses politiques sociales. Il a ainsi mis en place le Programme de Résilience Économique et Sociale (PRES), comme réponse de politique publique. C’est dans ce cadre que le Ministère de la Femme, de la Famille et de la Protection des Enfants, a mis sur pied le Programme de Renforcement de la Résilience des Ménages et Groupes vulnérables (PAREM). Il cible, entre autres, les femmes, et leurs activités entrepreneuriales, en tant que pilier de la survie des ménages vulnérables, et qui sont affectées de façon disproportionnée. S’appuyant sur les résultats d’une étude de cas ayant adopté la méthode mixte et menée en 2023 dans la région de Thiès, nous proposons d’analyser, sous le prisme du genre, les leçons apprises de l’intervention du PAREM. Les résultats montrent que, contrairement à la plupart des mesures sociales de riposte qui ont principalement visé l’homme, en tant que « breadwinner» et le ménage comme principal bénéficiaire ou encore les entreprises formelles, le PAREM cible les femmes, et leurs activités informelles, comme sujets, au-delà de leurs rôles assignés. De même, outre l’approche correctrice et réparatrice traditionnelle des politiques sociales, le PAREM cherche à être plus « capacitant». Ainsi, bien qu’il n’ait pas clairement défini d’objectifs égalitaires, l’intervention a favorisé une relance des activités des femmes et influé sur leur pouvoir décisionnel.
La demande en services sociaux de base demeure un enjeu majeur dans plusieurs pays africains en raison de la persistance de la pauvreté (Banque mondiale, 2016). En effet, les États africains sont confrontés à un manque de ressources aux effets pervers qui révèlent des problématiques notamment en ce qui a trait à la rétention des forces vives des nations. À titre d’exemple, ces dernières années, des milliers de jeunes africain·es ont migré surtout vers l’Europe, mais aussi ailleurs en quête d’un avenir meilleur. Ce phénomène se consolide avec l’apparition récente de nouvelles voies illégales d’émigrations, toujours au départ de l’Afrique, vers l’Amérique du Nord, en passant par le Nicaragua ou même le Brésil. Que révèle l’intensification de cette migration illégale? Dans quelle mesure des politiques sociales efficaces peuvent-elles contribuer à ralentir, voire arrêter ces départs aux issues parfois macabres? Dans quelle mesure l’état des politiques sociales à l’échelle du continent africain participe-t-il à renforcer le désarroi des jeunes menant à la forte émigration clandestine?
Les politiques sociales concernent l’ensemble des dispositifs institutionnels d’action collective visant le développement social, la protection et les droits des individus au sein de la société (Jamot-Robert, 2006).
S’interroger sur le développement économique et social des pays africains sous l’angle des politiques sociales revient à s’interroger sur la place des États et des organismes communautaires, sur leur marge de manœuvre dans l’élaboration et la mise en application de celles-ci. C’est aussi s’interroger sur les expériences pertinentes conduites par les associations de la société civile.
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