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Marco Gaudreault : Cégep de Jonquière
Le passage du collégial à l’université constitue une étape importante et significative pour la majorité des jeunes adultes. Tantôt vécue comme l’accomplissement d’un rêve, tantôt comme un objectif improbable, cette transition est parfois aussi vécue comme un essai. Trop souvent, certains mythes colorent cette étape. Entre les « hauts lieux du savoir et de la connaissance » et les « nuits blanches plus ou moins festives » représentées dans les œuvres cinématographiques américaines, quelle sera la réalité, sa propre expérience? Le passage ressemblera-t-il à un pont, bien appuyé sur les deux rives et paré de garde-fous protecteurs, où chacun pourra traverser à son propre rythme, ou plutôt à une liane qu’il faudra lâcher au-dessus du vide pour en attraper une autre sensée nous tirer de l’autre côté?
Depuis une quinzaine d’années, les chercheuses et chercheurs d’ÉCOBES ont contribué à plusieurs initiatives visant un passage interordres plus harmonieux. Que ce soit en réalisant des mandats de recherche visant à documenter comment se passe la transition ou en évaluant certaines initiatives, certaines conditions leur semblent plus prometteuses pour établir les bases de la collaboration interordres. Ce sont ces éléments qui seront partagés. Deux idées s’imposent : 1) au-delà de la bonne intention, un mandat précis et attribué, et 2) l’importance de mettre les personnes en transition au cœur des actions.
Voilà plus de trente ans que l’on appelle, au Québec, au développement de la cohérence interne ou horizontale des programmes en enseignement supérieur. Déjà, en 1988, le Conseil supérieur de l’éducation (CSE) recommandait que « le collège et l’université travaillent ensemble à la continuité dans un programme de formation, qu’ils coordonnent les objectifs de ce programme », de sorte que l’étudiant « se sente engagé, dès son entrée au collège [jusqu’]au terme d’un programme de premier cycle universitaire » (Conseil supérieur de l’éducation, 1988, p. 13). Cette volonté est réaffirmée en 1998 par la création d’un Groupe de travail sur la collaboration entre les collèges et les universités et réitérée en 2004 par le CSE quant à l’importance du développement de programmes de type DEC-BAC, au-delà même de la « bonne volonté » (Conseil supérieur de l’éducation, 2015). En 2021, la volonté ministérielle est sans équivoque : des pôles régionaux d’enseignement supérieur et un financement sont actualisés afin de promouvoir la collaboration interordre.
Ainsi, au fil des années, plusieurs types de parcours inspirants ont émergé. Jusqu’à tout récemment, le Ministère ne recensait ni les ententes, ni ne disposait d’aucune donnée liée à l’efficacité de celles-ci (Conseil supérieur de l’éducation, 2015). Une recherche documentaire démontre que les écrits semblent épars sur le sujet, comme le confirme Duhaime (2020). Cependant, ce dernier conclut que ce type d’entente semble avoir une influence positive sur le taux de persévérance en sciences infirmières.
Trois décennies plus tard, où en sont les établissements d’enseignement supérieur dans la mise en œuvre, mais également l’évaluation de ce type de collaboration?
Ce colloque propose de réunir les personnes expertes (professionnelles et chercheuses) en matière de parcours interordres et intercycles au Québec afin d’en saisir l’ampleur, mais également de faire émerger des constats, des bonnes pratiques en matière de collaboration, de concertation, de cheminement, de persévérance, de réussite étudiante et d’évaluation en vue de favoriser le développement et la mise en œuvre de parcours au service de la mission de l’enseignement supérieur.
Titre du colloque :