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Marie-Marthe Cousineau : Université de Montréal
Depuis maintenant plus de quatre décennies, grâce aux revendications et au travail acharnés des groupes de femmes, les violences faites aux filles et aux femmes (VFFF) sont aujourd’hui reconnues, tant par l’ONU, l’OMS, que les gouvernements canadiens et québécois et même plusieurs administrations municipales, comme un problème de santé et de sécurité publiques primordial. Il reste vrai que la reconnaissance des VFFF soulève de nombreux enjeux tant sur les plans théorique et méthodologique que des pratiques. Les recherches et les ressources en VFFF se sont multipliées et raffinées. Des transformations légales, des politiques, des plans d’action se sont succédé, marquant une évolution notable des réponses sociales et pénales face à cette problématique. Cette présentation brossera à grands traits ces évolutions, histoire de se rappeler d’où l’on part et s’encourager en constatant les avancées réalisées, sans toutefois nier qu’il reste encore fort à faire pour éliminer la (re)production de ces violences affectant différentes sphères de la vie des filles et des femmes et compromettant leur sécurité, leur autonomie, et leur santé et bien-être. Plusieurs chantiers sont actuellement en construction (bracelets antirapprochements, implantation au Québec d’un tribunal spécialisé en matière de violences sexuelles et conjugales, inscription d’une infraction de contrôle coercitif dans le Code criminel…). Que faut-il en penser ? C’est par ailleurs la question que nous posons et discutons.
En dépit d’avancées notables dans la promotion de l’égalité des genres au Canada, les manifestations de violences à l’encontre des filles et des femmes subsistent sous différentes formes. Ce constat met en lumière un enjeu important : malgré l’augmentation de la recherche et la mobilisation des connaissances, un manque d’engagement intersectionnel, interdisciplinaire et partenarial perdure, entravant l’adaptation des actions de sensibilisation, prévention, intervention et défense des droits aux complexités des violences faites aux filles, aux femmes et à leurs enfants laissant perdurer des approches cloisonnées.
C’est ici qu’interviennent les collectifs de recherches et d’actions SAS-Femmes et FemAnVi. SAS-Femmes accorde la priorité à la collaboration, en travaillant étroitement avec celles et ceux directement touchés par la violence ou qui les soutiennent, en vue de développer des recherches et des actions contribuant à assurer la sécurité, l’autonomie et la santé des filles et des femmes. FemAnVi vise à développer et soutenir les recherches, interventions sociales et actions militantes s’inscrivant dans les luttes féministes contre les violences faites aux femmes et aux enfants. Dans les deux cas, les activités poursuivies s’inscrivent dans une démarche de réciprocité et de coconstruction des savoirs impliquant chercheur·e·s, étudiant·e·s, intervenant·e·s, militant·e.s féministes et expertes de vécu.
Les efforts consentis, autant dans SAS-Femmes que dans FemAnvi, s’inscrivent dans une perspective féministe intersectionnelle engagée, favorisant la recherche interdisciplinaire et l’action intersectorielle. Dans une approche appliquée et partenariale, les travaux menés soutiennent la mise au point de méthodes de recherche et de pratiques d’interventions innovantes qui brisent les silos. Les deux collectifs unissent ici leurs efforts afin d’enrichir le dialogue sur les recherches et les actions à prioriser en violences faites aux filles, aux femmes et aux enfants.
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