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« Bêtes de songe » rimbaldiennes : sur « Bottom »

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Mendel Péladeau-Houle : St. Francis Xavier University

Résumé de la communication

Sur le manuscrit de la collection Pierre Berès, « Métamorphoses » est barré, surmonté de « Bottom ». Dans la critique rimbaldienne, le rêve et l’animalité qui s’y entremêlent semblent avoir été occultés par l’étude intertextuelle d’Ovide et de Shakespeare, essentiellement considérés des sources en raison des titres. Leur enlacement apparaît pourtant à travers quelques poèmes de Les Illuminations, dans les « tendresses bestiales » et « le goût du mauvais rêve » de « Parade » ou les « bêtes de songe » de « Nocturne vulgaire » par exemple. Dans « Bottom », l’expérience d’une désillusion amoureuse est racontée à partir d’une série d’avatars animaux. Le poème brasse formidablement le topos de la bestialité du désir et les poétiques anthropomorphiques de ses prédécesseurs. Mais, davantage, c’est une auto-zoo-graphie amoureuse qu’il déploie, dont la considération pour les formes de vie animales annonce l’éthologie naissante. Cette présentation propose une micro-lecture de « Bottom », inclusive des contextes littéraires voire discursifs qui permettent de mieux penser son onirisme animal.

Résumé du colloque

Les marges de nos carnets se peuplent d’idées et de sujets possibles –- ceux que nous ne ferons pas, que nous n’aurons pas le temps de faire —, et qui exercent et exerceront toujours une pression contre : les sujets que l’on ne creuse pas, qui restent à l’état de piste, nous fascinent et nous paraissent d’autant plus désirables que nous travaillons à autre chose.

Dans quelle relation sont l’accompli et l’inaccompli dans la pratique du chercheur en poésie ? En quoi les sujets notés dans nos marges influencent-ils le sujet présent, auquel on travaille, quelle pression exercent-ils ? Cette démarche elle-même, cette pratique de la pensée n’a-t-elle pas un lien intime avec la poésie ?

La pensée libre se déploie souvent par bonds capricieux, qui ne répondent ni aux impératifs ni aux intérêts. Et il se trouve que quiconque pratique cette pensée libre sort de son expertise pour se pencher, comme en aparté, sur des idées, des plans, des projets imprévisibles et informes. La rêverie ne peut-elle pas profiter de cette mise en lumière pour réaffirmer son droit d’exister au premier chef ? Si cette affirmation manque, nous voulons y pallier en lui donnant deux caractères, à la fois distincts et fortement liés : le poétique et le savant. Entre les démarches du savant et du poète un fil infaillible les saisit tous deux dans le même horizon, soit d’explorer et, pour cela, dépasser (sans lui tourner le dos) le monde connu. Le savant et le poète ont un même regard porté vers l’à-venir et, au-delà d’un certain point, n’ont plus besoin d’attendre une confirmation du monde actuel pour que la rêverie s’engage et réponde d’elle-même, dans la phase d’invention où elle cherche ailleurs ce qui peut convenir ici, maintenant. C’est entre autres ce que montrent les travaux de Judith Schlanger, d’Isabelle Stengers et de Jean-Pierre Bertrand.

Contexte

section icon Thème du congrès 2024 (91e édition) :
Mobiliser les savoirs en français
news icon Thème du colloque :
Rêveries poétiques et savantes
section icon Date : 15 mai 2024

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Titre du colloque :

Rêveries poétiques et savantes

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