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« Capitalisation de l’expérience d’enseignement à distance : plus-value pédagogique »

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Redouane Djelouah : ESAIP

Résumé de la communication

Au printemps 2020, avec la crise du COVID, nous avons été dans l’obligation de déployer en distanciel des parcours de formation initialement prévus en présentiel, ceci nous a amené à nous questionner légitimement sur nos pratiques pédagogiques. Les principales interrogations concernaient l’interaction élève – enseignant, la mise à disposition des outils nécessaires à un enseignement à distance (fracture numérique), l’évaluation des connaissances et des compétences et l’accompagnement des jeunes en difficulté (minimiser les décrochages). Nous présenterons dans un premier temps un premier retour d’expérience sur ces questionnements et les principales actions qui ont été déployées à l'ESAIP (école d'ingénieurs en France) et qui ont permis de répondre en temps réels aux besoins des élèves et des enseignants durant cette période. Dans un second temps, nous présenterons les résultats de l’enquête réalisée début 2024 sur la capitalisation de cette expérience au sein des équipes enseignantes. L’objectif est d’évaluer les évolutions des pratiques pédagogiques au sein de nos équipes à la suite de cette période (interactivité avec les étudiants, utilisation des outils numériques, ...).

Résumé du colloque

La réussite pour tous dans une école de la confiance n’a, semble-t-il, pas réduit les problèmes de décrochage scolaire. En France, les élèves non héritiers (Bourdieu, Passeron, 1964) ou non initiés (Charlot, 2017), ne bénéficiant ni des capitaux culturels ni des prédispositions nécessaires, continuent d’être en difficulté scolaire. Cette observation semble faire écho au Québec et dans d’autres pays de la francophonie. Plusieurs chercheurs considèrent qu’il ne suffit pas d’imposer de manière dogmatique la réussite pour tous pour réduire les inégalités culturelles ou sociales entre les élèves. Bourdieu (1970, 1993), Éribon (2018), Lahire (2020), Duru-Bellat (2002) et Charlot (2001, 2017) ont montré que les problèmes d’injustice, de reproduction et d’inégalités se perpétuent tout au long du système éducatif et que nous peinons à les atténuer.

Pour y remédier – du moins partiellement, Rosa (2022) propose une pédagogie de la résonance. Il s’agit pour ce sociologue d’expliquer qu’il ne peut y avoir de rapport aux savoirs sans relation aux savoirs, c’est-à-dire sans résonance. L’acte d’apprendre se réalise dans la relation avec le savoir, en étant « touché, affecté, imprégné ». Cette relation s’établit avec tous les acteurs de la communauté éducative par la confiance. Quel pouvoir d’agir les enseignants ont-ils pour favoriser la résonance en pédagogie? Selon cette logique, la transformation des élèves passe par celle des enseignants (Rosa, 2023). Toutefois, le pouvoir d’agir est un long processus qui requiert de plus en plus souvent une collaboration entre chercheurs et praticiens, une coopération entre les praticiens eux-mêmes pour nouer de nouvelles relations de confiance, de respect, d’écoute entre eux et avec les jeunes, pour qu’ils établissent une relation avec le savoir en partant de ce qu’ils sont, et non de ce qu’ils devraient être. L’idée ici consiste à tenter de les raccrocher par des pédagogies innovantes, formatives, émancipatoires.

Contexte

section icon Thème du congrès 2024 (91e édition) :
Mobiliser les savoirs en français
section icon Date : 15 mai 2024

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