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Pierre Jacquemot : Groupe initiatives
Pendant longtemps, les politiques agricoles ont été menées en Afrique sans référence à la notion de genre. Un timide changement est intervenu autour des années 1990 sous la pression du mouvement des femmes, lorsque l’étendue des inégalités est apparue comme un facteur de blocage du développement, au point de devenir par la suite un point de focalisation tant des politiques que de la recherche académique. En matière de politique publique vertueuse, on cite souvent la Namibie qui dès 1996 a établi l’égalité des droits de propriété et accordé aux femmes le droit de signer des contrats, d’ouvrir un compte bancaire ou d’intenter un procès sans l’avis de leur mari. Le taux d’activité des femmes a progressé dans le pays au cours des dix années suivantes. On peut affirmer que l’un des grands défis de l’Afrique de demain sera celui porté par les femmes, leur place, leurs droits, leur espace de responsabilité. Loin de la caricature encore trop fréquente, les paysannes ne sont pas les victimes silencieuses de rapports de pouvoirs — coutumiers ou modernes — oppressants. Les transformations plus ou moins accélérées du monde rural, confrontées à la persistance de rapports sociaux et de genre qu’elles jugent inégaux, suscitent l’efflorescence de résistances et de stratégies inventives. Actions individuelles visant la sphère du foyer, construction d’espaces de résistance et d’inventivité face à des situations critiques, luttes collectives visant des changements institutionnels.
La demande en services sociaux de base demeure un enjeu majeur dans plusieurs pays africains en raison de la persistance de la pauvreté (Banque mondiale, 2016). En effet, les États africains sont confrontés à un manque de ressources aux effets pervers qui révèlent des problématiques notamment en ce qui a trait à la rétention des forces vives des nations. À titre d’exemple, ces dernières années, des milliers de jeunes africain·es ont migré surtout vers l’Europe, mais aussi ailleurs en quête d’un avenir meilleur. Ce phénomène se consolide avec l’apparition récente de nouvelles voies illégales d’émigrations, toujours au départ de l’Afrique, vers l’Amérique du Nord, en passant par le Nicaragua ou même le Brésil. Que révèle l’intensification de cette migration illégale? Dans quelle mesure des politiques sociales efficaces peuvent-elles contribuer à ralentir, voire arrêter ces départs aux issues parfois macabres? Dans quelle mesure l’état des politiques sociales à l’échelle du continent africain participe-t-il à renforcer le désarroi des jeunes menant à la forte émigration clandestine?
Les politiques sociales concernent l’ensemble des dispositifs institutionnels d’action collective visant le développement social, la protection et les droits des individus au sein de la société (Jamot-Robert, 2006).
S’interroger sur le développement économique et social des pays africains sous l’angle des politiques sociales revient à s’interroger sur la place des États et des organismes communautaires, sur leur marge de manœuvre dans l’élaboration et la mise en application de celles-ci. C’est aussi s’interroger sur les expériences pertinentes conduites par les associations de la société civile.
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