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Alexandre Schiele : Hebrew University of Jerusalem
La société québécoise est technoscientifique. Et tant la science et la technologie que leur compréhension par le public sont centrales au développement collectif comme individuel. Autrement dit, elles sont l’une des dimensions fondamentales de la culture québécoise contemporaine. Or, si pour des raisons évidentes, l’État québécois est très actif dans la promotion de la culture au sens large, il l’est aujourd’hui moins dans celle de la culture scientifique. Cela dit, le Covid 19 lui a rappelé à la fois l’importance de la communication scientifique et du rôle joué par le politique dans cette communication. Par contraste, en Alberta, où l’État n’a pas activement endossé ce rôle, la mortalité a été plus importante. Mais, au Québec comme en Alberta, sans culture scientifique, comment décoder les messages, et surtout distinguer ce qui relève du fait scientifique, et ce qui n’en relève pas, d’autant que le discours antivaccin se présente comme étant raisonnable. Or, une fois la crise sanitaire passée, la communication scientifique d’État au Québec est revenue au niveau prépandémique, tandis que l’hésitation face aux vaccins augmente. L’internet et les médias sociaux jouent incontestablement un rôle. Cela dit, la télévision continue d’occuper une place centrale dans la vie des Québécois, alors que le paysage télévisuel québécois demeure peu étudié.
Dans le champ des politiques de la culture, il est d’usage de référer au modèle américain, au modèle britannique, ou encore, au modèle français comme des archétypes de politiques culturelles qui agissent comme autant de modèles nous permettant de catégoriser, d’organiser et de comparer différentes politiques et formes de gouvernance de la culture. Ces grands modèles nationaux, utilisés dans les recherches comparatives, cachent peut-être des dynamiques institutionnelles, politiques et professionnelles qui sont plus complexes.
Dans le cadre de ce colloque, nous nous intéressons aux forces de l’histoire, aux liens culturels et à la langue comme étant des vecteurs d’institutions, de modèles de référence, mais aussi comme étant des forces habilitant des manières de penser, de problématiser et de structurer le secteur des arts et du patrimoine. Plutôt que de penser aux modèles de gouvernance de la culture à partir des grands archétypes nationaux de référence, nous souhaitons décentrer le regard sur les affaires culturelles pour l’élargir et le poser sur les espaces linguistiques et civilisationnels. À l’instar du monde anglophone, hispanophone ou lusophone, le monde francophone est un espace de circulation et de diffusion d’idées culturelles, de modèles et de pratiques sur lesquels les décideurs et professionnels de la culture prennent appui.
Ce colloque invite les universitaires à s’intéresser aux politiques, aux pratiques et aux expertises de la culture (art et patrimoine) qui circulent au sein du monde francophone. Il s’agit de mettre en relief certaines singularités et différences qui émergent dans la manière dont on aborde plusieurs grands sujets actuels, notamment la restitution des biens culturels, la diplomatie culturelle, les pratiques de patrimonialisation, le financement des arts et du patrimoine, l’inclusion, la démocratisation et la participation culturelle ainsi que la culture à l’ère du numérique.
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