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Baké Gani Nicole Gouroubera Chabi : Université de Parakou
Le gouvernement du Bénin a mis sur pied le programme « GBESSOKE » 2023-2026 qui vise à réduire la pauvreté et les inégalités grâce à l’accroissement des capacités productives des ménages les plus vulnérables. C’est dans ce cadre que s’inscrit la mutation des Centres de Promotion Sociale (CPS) en Guichet Unique de Protection Sociale (GUPS). Cette communication tente de contextualiser cette réforme en relevant ses enjeux et ses défis. Outre les données bibliographiques et les expériences professionnelles, le recueil des données se base sur les entretiens réalisés avec des acteurs du Ministère des Affaires Sociales et de la Microfinance (MASM), des élus locaux et usagers des CPS. Les résultats indiquent que le programme « GBESSOKE » prévoit la réhabilitation des quatre-vingt-cinq (85) CPS existants et la construction de trente-cinq (35) nouvelles infrastructures sur le modèle de GUPS ; le GUPS a pour mission de renforcer la résilience des personnes face aux chocs socio-économiques, environnementaux et climatiques. Le GUPS pourrait améliorer la protection sociale à travers une prise en charge holistique des couches vulnérables. Par ailleurs, des défis importants ont été soulignés à savoir : la difficulté à faire converger des interventions multiples sur les mêmes bénéficiaires qui nécessite une planification et une coordination minutieuses ; les difficultés de la mise en place d’un registre social unique face à la forte mobilité des populations et le taux élevé d’analphabètes.
La demande en services sociaux de base demeure un enjeu majeur dans plusieurs pays africains en raison de la persistance de la pauvreté (Banque mondiale, 2016). En effet, les États africains sont confrontés à un manque de ressources aux effets pervers qui révèlent des problématiques notamment en ce qui a trait à la rétention des forces vives des nations. À titre d’exemple, ces dernières années, des milliers de jeunes africain·es ont migré surtout vers l’Europe, mais aussi ailleurs en quête d’un avenir meilleur. Ce phénomène se consolide avec l’apparition récente de nouvelles voies illégales d’émigrations, toujours au départ de l’Afrique, vers l’Amérique du Nord, en passant par le Nicaragua ou même le Brésil. Que révèle l’intensification de cette migration illégale? Dans quelle mesure des politiques sociales efficaces peuvent-elles contribuer à ralentir, voire arrêter ces départs aux issues parfois macabres? Dans quelle mesure l’état des politiques sociales à l’échelle du continent africain participe-t-il à renforcer le désarroi des jeunes menant à la forte émigration clandestine?
Les politiques sociales concernent l’ensemble des dispositifs institutionnels d’action collective visant le développement social, la protection et les droits des individus au sein de la société (Jamot-Robert, 2006).
S’interroger sur le développement économique et social des pays africains sous l’angle des politiques sociales revient à s’interroger sur la place des États et des organismes communautaires, sur leur marge de manœuvre dans l’élaboration et la mise en application de celles-ci. C’est aussi s’interroger sur les expériences pertinentes conduites par les associations de la société civile.
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