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Matthieu Tixier : Université de technologie de Troyes
Durant l'année 2020, encore marquée par la pandémie, nous nous sommes intéressés à l'impact des choix de conception de logiciels de téléconsultation sur le développement de nouvelles pratiques médicales. Nous avons en particulier suivi les usages et les parcours parallèles de deux systèmes de téléconsultation qui ont cohabité dans un centre hospitalier en France sur la période (16 mois). Notre analyse s'appuie sur des entretiens auprès de 10 médecins et des observations dans leurs services. Elle souligne que l'objet téléconsultation a permis de développer de nouvelles pratiques de coopération inter-organisationnelle et de gestion des soins. En focalisant notre regard sur le travail réalisé par les médecins pour intégrer la téléconsultation dans leurs pratiques et leurs écologies d'artefacts, nous soulignons que chacun des deux logiciels ne supporte pas ces pratiques de façon équivalente. Ainsi nous montrons les choix de conception ont un impact et que certains peuvent limiter le développement de nouvelles pratiques médicales.
Les transformations numériques en santé ne sont pas récentes et d’innombrables technologies sont aujourd’hui disponibles telles que des applications mobiles dédiées à la santé ou au bien-être, des objets connectés pour accompagner les patients souffrant de maladies chroniques, des robots pour opérer ou stimuler cognitivement des personnes atteintes de maladies neurodégénératives, des dispositifs portables ou implantables pour diagnostiquer des troubles neurologiques, cardiaques ou autres. Autant de technologies émergentes qui sont fréquemment présentées comme une réponse aux enjeux de soutenabilité des systèmes de santé dans un contexte de vieillissement de la population et d’augmentation des maladies chroniques, l’objectif étant l’amélioration de la performance des systèmes de santé. Néanmoins, l’usage de technologies numériques de santé tant par les soignants que les patients soulèvent de nombreux enjeux à la fois communicationnels (ex. : pertes d’information, sentiment de distance), relationnels (ex. : reconfiguration des interactions patients-soignants et de la relation thérapeutique, nouvelles formes de proximité à distance), organisationnels (ex. : travail d’articulation supplémentaire, redistribution des responsabilités), sociétaux (ex. : inégalités territoriales, enjeux d’accessibilité, risques de discrimination), éducatifs (ex. : formation des professionnel·le·s, transformation des dispositifs d’éducation thérapeutique) et de conceptions (ex. : engagement des usagers — dont les patients — dans la conception).
L’objectif général de ce colloque est donc de réunir la communauté scientifique francophone autour de la question des usages projetés et concrets des technologies numériques de santé en invitant les chercheur·e·s (de diverses disciplines des sciences de la santé, sciences sociales et humaines, génie et gestion) à analyser le caractère socialement situé, incarné et équipé des usages des technologies numériques de santé et de « rendre visible » des pratiques sociales, des « trajectoires d’usage » imaginées ou réelles ou des processus de « domestication ». Le colloque s’organisera autour de trois axes :
Axe 1 : Télémédecine et activités du patient-soignant : soin distant, présence connectée et proximité renégociée
Axe 2 : Technologies d’autosurveillance et d’autosoin : du « soi quantifié » au « soin connecté »
Axe 3 : L’intelligence artificielle (IA) et la médecine « 4P » (personnalisée-préventive-prédictive-participative) : de la « datafication » au clinicien-patient-soin « augmenté »
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