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Guillaume Sirois : Université de Montréal
En 2006, la ville de Montréal se joint au Réseau des villes créatives de l’UNESCO dans la discipline du design. Elle est alors la première ville francophone à le faire, mais sera suivie, quatre ans plus tard, par la ville de Saint-Étienne en France. Les liens historiques et culturels entre le Québec et la France semblent avoir favorisé les relations entre les deux métropoles. Cette communication propose un regard croisé sur le développement des structures et politiques mises en place dans les deux villes pour favoriser la promotion du design.Les deux villes ont échafaudé des modèles organisationnels contrastés : la première privilégie une structure municipale de promotion, logée au sein de son équipe de développement économique, alors que la seconde organise son action autour d’une structure éducative chargée d’enseignement, de recherche et de diRusion du design. Malgré cette diRérence organisationnelle notable, les échanges entre les deux villes ont été importants au cours des dernières années. L’influence de Montréal est notable dès le dossier de candidature de Saint-Étienne, lequel répertorie plusieurs initiatives organisées avec la métropole québécoise. Cette collaboration s’est d’ailleurs poursuivie au sein du réseau, notamment grâce à l’organisation de plusieurs conférences conjointes, à la reproduction d’initiatives de promotion et aux échanges de créateurs.
Dans le champ des politiques de la culture, il est d’usage de référer au modèle américain, au modèle britannique, ou encore, au modèle français comme des archétypes de politiques culturelles qui agissent comme autant de modèles nous permettant de catégoriser, d’organiser et de comparer différentes politiques et formes de gouvernance de la culture. Ces grands modèles nationaux, utilisés dans les recherches comparatives, cachent peut-être des dynamiques institutionnelles, politiques et professionnelles qui sont plus complexes.
Dans le cadre de ce colloque, nous nous intéressons aux forces de l’histoire, aux liens culturels et à la langue comme étant des vecteurs d’institutions, de modèles de référence, mais aussi comme étant des forces habilitant des manières de penser, de problématiser et de structurer le secteur des arts et du patrimoine. Plutôt que de penser aux modèles de gouvernance de la culture à partir des grands archétypes nationaux de référence, nous souhaitons décentrer le regard sur les affaires culturelles pour l’élargir et le poser sur les espaces linguistiques et civilisationnels. À l’instar du monde anglophone, hispanophone ou lusophone, le monde francophone est un espace de circulation et de diffusion d’idées culturelles, de modèles et de pratiques sur lesquels les décideurs et professionnels de la culture prennent appui.
Ce colloque invite les universitaires à s’intéresser aux politiques, aux pratiques et aux expertises de la culture (art et patrimoine) qui circulent au sein du monde francophone. Il s’agit de mettre en relief certaines singularités et différences qui émergent dans la manière dont on aborde plusieurs grands sujets actuels, notamment la restitution des biens culturels, la diplomatie culturelle, les pratiques de patrimonialisation, le financement des arts et du patrimoine, l’inclusion, la démocratisation et la participation culturelle ainsi que la culture à l’ère du numérique.
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