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Alexei Kazakov : Université d'Ottawa
Cette communication vise, dans un premier temps, à analyser la relation entre un philosophe et la tradition philosophique en se calquant sur la notion de « pratique » telle qu’elle s’articule dans Après la vertu d’Alasdair MacIntyre. En me référant aux notions de « bien interne », « standard d’excellence », et la dimension historique de ces deux, je tente de démontrer que l’appartenance légitime à une tradition philosophique est une fonction de la reconnaissance accordée par les autres membres de la tradition en question.
Dans un deuxième temps, je chercherai à problématiser cette dynamique à l’époque postmoderne en me référant surtout à la pensée de l’historien allemand Reinhart Koselleck. Dans la mesure où une pratique selon MacIntyre contient une dimension historique irréductible, j’avance que le changement dans nos rapports au temps subi dans le sillage de la postmodernité brouille la
dynamique autour de l’appartenance véritable à quelconque tradition. En me penchant sur l’anthropologie transcendantale de Koselleck, qui a pour moteur principal l’intégration des nouvelles générations dans la société existante, j’examine comment l’expérience postmoderne du temps rend cette dernière tâche plus difficile.
Que disons-nous quand nous clamons être marxistes, épicuriens ou spinozistes ? Que signifie être utilitariste, nominaliste ou matérialiste ? La philosophie, discipline éminemment critique, est étonnamment, aussi, marquée par une activité incessante de production de filiations. Les philosophes, souvent, inscrivent leur travail de production conceptuelle dans le sillage d’autres philosophes, revendiquent un concept arraché à un corpus existant ou prétendent restituer l’authenticité d’une démarche repérée dans les replis d’une œuvre. Que les philosophes admettent ou non faire de l’histoire de la philosophie, toujours est mis en scène un état de la discipline par rapport auquel leur opération se situe, toujours leur pensée fournit des indices au sujet des lieux où elle a trouvé ses matériaux.
Cet atelier s’intéressera à la manière dont les philosophes ont thématisé la question de l’héritage, de l’héritage plus proprement philosophique, c’est-à-dire de la manière dont est abordée la question de la réception, mais depuis la perspective de la personne qui reçoit. Comment use-t-on d’un legs ? Quel devoir de fidélité avons-nous par rapport à lui, et comment sait-on que nous lui faisons honneur ? De quelle liberté disposons-nous à son égard et à partir de quand peut-on dire que nous avons rompu avec lui ?
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