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Núria Gala : Aix-Marseille Université
De nombreux travaux montrent que les enfants possèdent très tôt des connaissances en morphologie dérivationnelle (Carlisle, 1995 ; Casalis et Colé, 2018). Ils sont capables de mobiliser des mots de la même famille morphologique, que ce soit pour reconnaitre ou interpréter des nouveaux mots, surtout lorsque la base ne varie pas (Baker, 1979, cité par Colé et al., 2004). En situation d’avoir à expliciter les sens de différents verbes opaques (Gala et al., 2024) et transdisciplinaires (Sauvageau et al., 2021), un bon nombre d’élèves de 9 à 11 ans ont en effet recouru à la morphologie pour répondre à la consigne.
L’analyse de plus de 2000 productions montre que cette conscience morphologique est bien présente, même si elle induit en erreur et que l’élève est capable de trouver « des liens inédits en fonction de ses intérêts propres » (Grossmann, 2011). Nous avons dressé une typologie de ces différents procédés : activation de mots de la même famille avec quelques créations lexicales (lever > *leuveuse), regroupement de dérivés (je restaure le restaurant), découpage en morphèmes avec parfois des ambiguïtés sémantiques (préfixe re- dans représenter) ou orthographiques (soutenir > les sous-tiens).
Au vu de ces résultats, nous voulons défendre l’importance d’un travail sur la morphologie en classe pour aider au développement du vocabulaire (accès aux sens en compréhension et en production) en langue première ou seconde (Roy et Labelle, 2007).
Au cours des trente dernières années, particulièrement dans la dernière décennie, la recherche portant sur la littératie étudie de manière intensive la contribution des connaissances morphologiques. Ainsi, au regard de leur relation avec la lecture, certaines études concluent qu’elles jouent un rôle fondamental, et ce, dès le début de la scolarité (Cohen-Mimran et al., 2022). D’autres études ont permis d’alimenter des modèles théoriques qui capturent leur rôle direct ou indirect lors de la lecture de mots (Levesque et Deacon, 2022) ou de la compréhension de textes (Levesque et al., 2019). Quant à la relation des connaissances morphologiques et du vocabulaire, des études l’ont explorée en profondeur afin de déduire le sens unidirectionnel (Fejzo et al., 2020) et bidirectionnel de cette relation (Saidane et al., 2020). Finalement, en ce qui concerne leur contribution à l’écriture, certaines études ont permis d’éclairer sur la manière d’intégrer les connaissances morphologiques en salle de classe, par un enseignement implicite ou explicite, afin d’améliorer la performance en orthographe lexicale (Burton et al., 2021), alors que d’autres études ont permis de documenter les liens entre les connaissances morphologiques et la qualité des textes produits (Zhang, 2021).
Si, dans l’ensemble, ces recherches indiquent que les connaissances morphologiques s’avèrent fondamentales pour l’apprentissage de la lecture et de l’écriture, le présent colloque souhaite faire l’état des connaissances issues des récentes études portant sur les connaissances morphologiques et la didactique du français.
À cet effet, nous proposons les axes suivants :
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