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Richard Cohen : CERREV de l'Université de Caen, Normandie
Le traitement politico-médiatique administré à trois crises d'envergure et de nature différentes, que figurent le 11 septembre 2001, la vague d'attentats ayant frappé la France en 2015/16 et l'épidémie de Covid-19, cèle un rapport némétique et « opportuniste » établi par le souverain entre le préjudice essuyé caractérisé dans un registre éminemment belliqueux et les objectifs intangibles de l'Éta(n)t fixés. La crise, dont l'étymologie « remonte [...] au verbe grec, krino, qui signifie, non seulement, juger, distinguer, [se] différencier, mais accuser, condamner une victime » [Girard ; 1982], en effet articule, dynamise et polarise, d'autant plus en économie de marché globalisée, le rapport qu'entretiennent, en domaine(s) clos, croissance et unité, soit les deux versants contradictoires structuraux de la souveraineté, qui, l'un à l'autre, se font toujours plus irréductibles. La crise, témoin et catalyseur de ce paradoxe en progrès, trouve, d'ailleurs, dans le modus operandi libéral de l'Économie, à savoir la collaboration (du latin co-labor ou « s'effondrer ensemble ») internationale du travail, sa manifestation chronique, systématisée, dont les mécanismes logiques mènent, graduellement, à la néantisation de toutes les ressources qu'elle mobilise.
Crise! Quelle crise?
Les crises se suivent, se superposent et coexistent, mais ne disparaissent jamais définitivement. Les dangers de catastrophes nucléaires ravivés par les conflits militaires récents; les conséquences des pandémies mondiales; la menace terroriste internationalisée et généralisée; l’influence de l’intelligence artificielle (IA) sur la transformation des métiers, des économies et des marchés mondiaux; les effets du réchauffement climatique sur la destruction de l’environnement et la vie sur la Terre… Les crises occupent une place de plus en plus importante dans les débats scientifiques et médiatiques, et invitent les chercheurs de disciplines et d’horizons différents à les étudier dans toute leur complexité.
Objectifs du colloque
L’objectif général de ce colloque est de comprendre les enjeux sociaux et organisationnels contemporains à partir desquels les crises redessinent l’ordre mondial. On souhaite ainsi faire dialoguer des théories, des approches et des études de cas interdisciplinaires, internationales et variées dans le domaine de la communication, de la gestion de crise et des disciplines connexes (l’information, le marketing, les relations publiques, la sociologie, la psychologie, la criminologie, les sciences politiques, le droit et l’administration, parmi d’autres). Le colloque vise à faciliter les débats portant sur les approches novatrices ou peu explorées jusqu’à présent ainsi que de dévoiler, juxtaposer et croiser des terrains, des cadres d’analyse et des méthodes de recherche innovants ou renouvelés. Le colloque fait ainsi dialoguer les travaux francophones et internationaux issus des courants traditionnels, post-modernes, post-humanistes, critiques et constitutifs, tant sur le plan des problématiques que des approches, des méthodologies, des terrains de recherche et de leur application dans différents contextes et études de cas. Pour ce faire, le colloque s’organise autour de trois axes.
Axes thématiques
Axe 1. Des épisodes cosmologiques aux crises « ordinaires » : diversité, uniformité et complémentarité des terrains, des cas et des approches de gestion et de communication de crise
Axe 2. Les crises entre rupture et continuité, entre désorganisation et organisation : élaboration et transformation « en train de se faire » des stratégies et des pratiques organisationnelles
Axe 3. Objets techniques, technologies numériques et intelligence artificielle : sources, accélérateurs ou panacées des crises?
Titre du colloque :