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Élise Rodrigue Poulin : Université de Sherbrooke
La pensée critique est une compétence essentielle qui améliore la capacité à porter des jugements sur diverses questions sociétales et qui devrait être développée dès l’école primaire (Paul et Elder, 2020). Elle peut être définie comme des processus impliquant différentes ressources pour déterminer quoi croire ou faire en fonction du contexte (Gagnon, 2011). Malgré l’importance qu’elle devrait avoir dans l’éducation, il arrive qu’on enseigne en fonction des évaluations qui sont parfois déclaratives plutôt qu’axées sur la compréhension (Gruenewald, 2008). L’éducation en plein air pourrait être un contexte qui permet d’augmenter les opportunités de développement de la pensée critique, puisque les élèves ont davantage d’opportunités de vivre des expériences d’apprentissage connectées sur la vie hors de l’école (Christie et al., 2016). Dans cette communication, les liens entre la pensée critique et l’éducation en plein air seront explorés à travers une revue de littérature examinant comment l’éducation en plein air peut contribuer au développement d’un niveau supérieur de la pensée critique. La présentation offrira ensuite une critique sur le sujet, ainsi qu’une présentation des différentes approches d’éducation en plein air décrites par les personnes chercheuses pour favoriser le développement de la pensée critique chez les élèves, tout au long du parcours scolaire.
Les personnes passent aujourd’hui de moins en moins de temps en plein air et au contact de la nature, tendance qui semble être associée à l’augmentation de leur engagement dans les technologies basées sur les écrans (Oswald et al., 2020). Ce phénomène s’avère particulièrement préoccupant, car un contact déficitaire avec la nature au profit des écrans les priverait de retombées importantes sur les plans physique, cognitif et psychologique ainsi que d’occasions de développer une conscience environnementale (Kuo et al., 2019). Or, par l’éducation en plein air, les milieux éducatifs peuvent contribuer à augmenter le temps passé dehors, la santé globale, tout en contribuant à la réussite éducative des élèves (Mygind et al., 2019).
Sur le plan physique, l’éducation en plein air permettrait d’améliorer les aptitudes sensorielles (Yogman et al., 2018), de diminuer la sédentarité et d’augmenter l’activité physique d’intensité légère (Miller et al., 2021). Sur le plan cognitif, le contact avec la nature serait globalement associé à une amélioration de la mémoire de travail, de la créativité et des compétences d’autorégulation (Flouri et al., 2019; Johnstone et al., 2022). Sur le plan psychologique, le contact avec la nature aurait le potentiel de réduire les symptômes liés à l’anxiété (Coventry et al., 2021) et favoriserait le bien-être psychologique (Piccininni et al., 2018). Sur le plan environnemental, les contacts directs avec la nature permettraient de développer une attitude de respect et de responsabilité envers l’environnement (Kuo et al., 2019).
L’objectif du colloque est donc de brosser un portrait des recherches contemporaines menées par la communauté étudiante et associées à l’éducation en plein air, de la petite enfance à l’enseignement supérieur. Ce portrait permettra d’apporter des réponses à une question de société qui nous paraît essentielle : Quels sont les bénéfices, enjeux ou limitations de l’éducation en plein air au regard de l’amélioration de la qualité des situations éducatives?
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