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Catherine Rousseau : Université d'Ottawa
La violence entre partenaires intimes est un enjeu de santé publique important qui s'inscrit dans des rapports de pouvoir basés sur le genre (Decker et al., 2021). Lors d'entretiens qualitatifs menés sur cette problématique auprès de survivant.es, les émotions des chercheur.euses sont engagées à plusieurs niveaux (Ahall, 2018; Ahmed, 2017). Des études documentent l'impact de l'exposition à de tels contenus sur la santé mentale des personnes chercheuses et identifient les risques de trauma vicariant (Fenge et al., 2019; Pearce, 2020). Alors que des référents et des contextes de vie entre les participant.es et leschercheur.euses peuvent être partagés, le risque d'ignorer les éléments transférentiels demeure tangible à toutes les étapes de recherche (Borraz et al., 20210. Selon une perspective féministe, la recherche qualitative suggère un engagement sincère et incarné avec le terrain. Or, comment négocier la présence d'émotions comme la colère, le dégoût ou l'optimisme ? Cette communication propose l'exploration d'enjeux épistémologiques, éthiques et méthodologiques liés à l'implication des émotions à partir d'une étude doctorale portant sur l'inférence contraceptive vécue par des femmes et des personnes non binaires de 17 à 23 ans. des stratégies de soutien structurelles et collectives seront réfléchies dans l'optique de réduire les risques de trauma vicariant.
En dépit d’avancées notables dans la promotion de l’égalité des genres au Canada, les manifestations de violences à l’encontre des filles et des femmes subsistent sous différentes formes. Ce constat met en lumière un enjeu important : malgré l’augmentation de la recherche et la mobilisation des connaissances, un manque d’engagement intersectionnel, interdisciplinaire et partenarial perdure, entravant l’adaptation des actions de sensibilisation, prévention, intervention et défense des droits aux complexités des violences faites aux filles, aux femmes et à leurs enfants laissant perdurer des approches cloisonnées.
C’est ici qu’interviennent les collectifs de recherches et d’actions SAS-Femmes et FemAnVi. SAS-Femmes accorde la priorité à la collaboration, en travaillant étroitement avec celles et ceux directement touchés par la violence ou qui les soutiennent, en vue de développer des recherches et des actions contribuant à assurer la sécurité, l’autonomie et la santé des filles et des femmes. FemAnVi vise à développer et soutenir les recherches, interventions sociales et actions militantes s’inscrivant dans les luttes féministes contre les violences faites aux femmes et aux enfants. Dans les deux cas, les activités poursuivies s’inscrivent dans une démarche de réciprocité et de coconstruction des savoirs impliquant chercheur·e·s, étudiant·e·s, intervenant·e·s, militant·e.s féministes et expertes de vécu.
Les efforts consentis, autant dans SAS-Femmes que dans FemAnvi, s’inscrivent dans une perspective féministe intersectionnelle engagée, favorisant la recherche interdisciplinaire et l’action intersectorielle. Dans une approche appliquée et partenariale, les travaux menés soutiennent la mise au point de méthodes de recherche et de pratiques d’interventions innovantes qui brisent les silos. Les deux collectifs unissent ici leurs efforts afin d’enrichir le dialogue sur les recherches et les actions à prioriser en violences faites aux filles, aux femmes et aux enfants.
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