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La rêverie poétique comme support de réflexion philosophique chez Gaston Bachelard et María Zambrano

JC

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Joy Courret : Université Bordeaux Montaigne

Résumé de la communication

Dans la philosophie contemporaine, certains penseurs revendiquent la rêverie comme moyen d’atteindre une réflexion philosophique plus aboutie et plus sensible. C’est le cas du Français Gaston Bachelard et de l’Espagnole María Zambrano. Le premier poétise ses écrits comme c’est le cas dans La poétique de l’espace ou La poétique du feu, il va même jusqu’à affirmer que la philosophie serait meilleure si les philosophes lisaient des poètes dans La poétique de la rêverie. En ce sens, il conjugue parfaitement approche philosophique et songe poétique, et la rêverie devient alors un véritable support de réflexion. Nous constatons que la rêverie tient également une place importante dans Les clairières du bois de Zambrano où la philosophe cristallise son concept de « raison poétique », qui unit rêverie poétique et philosophie. La philosophe réalise cette jonction entre pensée savante et rêverie poétique dans son œuvre et sa pensée. Nous étudierons comment la rêverie devient un instrument pour philosopher chez ces deux penseurs. Nous tâcherons de comprendre en quoi cette évasion lyrique facilite et encourage la réflexion chez nos philosophes mais aussi chez les chercheurs en poésie d’une manière générale. La rêverie devient, semble-il, un moyen d’habiter poétiquement le monde et d’avancer dans la pensée philosophique.

Résumé du colloque

Les marges de nos carnets se peuplent d’idées et de sujets possibles –- ceux que nous ne ferons pas, que nous n’aurons pas le temps de faire —, et qui exercent et exerceront toujours une pression contre : les sujets que l’on ne creuse pas, qui restent à l’état de piste, nous fascinent et nous paraissent d’autant plus désirables que nous travaillons à autre chose.

Dans quelle relation sont l’accompli et l’inaccompli dans la pratique du chercheur en poésie ? En quoi les sujets notés dans nos marges influencent-ils le sujet présent, auquel on travaille, quelle pression exercent-ils ? Cette démarche elle-même, cette pratique de la pensée n’a-t-elle pas un lien intime avec la poésie ?

La pensée libre se déploie souvent par bonds capricieux, qui ne répondent ni aux impératifs ni aux intérêts. Et il se trouve que quiconque pratique cette pensée libre sort de son expertise pour se pencher, comme en aparté, sur des idées, des plans, des projets imprévisibles et informes. La rêverie ne peut-elle pas profiter de cette mise en lumière pour réaffirmer son droit d’exister au premier chef ? Si cette affirmation manque, nous voulons y pallier en lui donnant deux caractères, à la fois distincts et fortement liés : le poétique et le savant. Entre les démarches du savant et du poète un fil infaillible les saisit tous deux dans le même horizon, soit d’explorer et, pour cela, dépasser (sans lui tourner le dos) le monde connu. Le savant et le poète ont un même regard porté vers l’à-venir et, au-delà d’un certain point, n’ont plus besoin d’attendre une confirmation du monde actuel pour que la rêverie s’engage et réponde d’elle-même, dans la phase d’invention où elle cherche ailleurs ce qui peut convenir ici, maintenant. C’est entre autres ce que montrent les travaux de Judith Schlanger, d’Isabelle Stengers et de Jean-Pierre Bertrand.

Contexte

section icon Thème du congrès 2024 (91e édition) :
Mobiliser les savoirs en français
news icon Thème du colloque :
Rêveries poétiques et savantes
section icon Date : 15 mai 2024

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Titre du colloque :

Rêveries poétiques et savantes

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