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Abdoul-Kader Minoungou : Université Joseph Ki-Zerbo/Institut Supérieur des Sciences de la Population
Le Burkina Faso est enclavé et dispose d’une population en majorité rurale (80%). Ces caractéristiques de la population entrainent une augmentation de la couverture en services sociaux de base. De ce fait, d’autres acteurs notamment les migrants participent à l’établissement de projets communautaires pour combler les carences régaliennes. À travers l’approche translocale, notre objectif est d’analyser la contribution des migrants à l’implantation d’infrastructures communautaires dans leurs localités d’origine. À cet effet, dans le cadre du projet « Migration and Translocality in West Africa » (MiTra/WA), cette recherche ambitionne cerner l’importance des transferts des migrants sur l’investissement en infrastructures sociocommunautaire des villages d’origine et les mutations sociales induites. Pour ce faire, une enquête mixte (qualitative et quantitative) bilocale a été conduite auprès des leaders communautaires, associatifs, des médias, des chefs de ménages et des migrants. Les résultats de l’enquête montrent que la majorité des migrants burkinabè sont translocaux et investissent dans les secteurs sociaux de base et dans les infrastructures économiques, d’une part. D’autre part, ces investissements induisent des transformations sociales qui se manifestent entre autres par la mobilité sociale, les déperditions scolaires, la dislocation des cellules familiales, les pratiques occultes, la perte ou l’affaiblissement de certaines normes sociales.
La demande en services sociaux de base demeure un enjeu majeur dans plusieurs pays africains en raison de la persistance de la pauvreté (Banque mondiale, 2016). En effet, les États africains sont confrontés à un manque de ressources aux effets pervers qui révèlent des problématiques notamment en ce qui a trait à la rétention des forces vives des nations. À titre d’exemple, ces dernières années, des milliers de jeunes africain·es ont migré surtout vers l’Europe, mais aussi ailleurs en quête d’un avenir meilleur. Ce phénomène se consolide avec l’apparition récente de nouvelles voies illégales d’émigrations, toujours au départ de l’Afrique, vers l’Amérique du Nord, en passant par le Nicaragua ou même le Brésil. Que révèle l’intensification de cette migration illégale? Dans quelle mesure des politiques sociales efficaces peuvent-elles contribuer à ralentir, voire arrêter ces départs aux issues parfois macabres? Dans quelle mesure l’état des politiques sociales à l’échelle du continent africain participe-t-il à renforcer le désarroi des jeunes menant à la forte émigration clandestine?
Les politiques sociales concernent l’ensemble des dispositifs institutionnels d’action collective visant le développement social, la protection et les droits des individus au sein de la société (Jamot-Robert, 2006).
S’interroger sur le développement économique et social des pays africains sous l’angle des politiques sociales revient à s’interroger sur la place des États et des organismes communautaires, sur leur marge de manœuvre dans l’élaboration et la mise en application de celles-ci. C’est aussi s’interroger sur les expériences pertinentes conduites par les associations de la société civile.
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