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Imane Hanine : École nationale d'architecture
Le Maroc compte 32 médinas, chacune reflétant un riche héritage architectural, culturel et historique, façonné par les multiples civilisations qui ont traversé ses terres. Les Phéniciens ont peut-être introduit le concept de patio, tandis que les Romains ont laissé derrière eux des systèmes avancés d'ingénierie et d'approvisionnement en eau, comme à Volubilis, potentiel modèle pour les médinas. L'influence arabe a été cruciale dans le développement des médinas marocaines, apportant avec eux l'islam, l'architecture islamique, ainsi qu'une gestion sophistiquée de l'eau, avec hammams, fontaines et « Sekaya », contribuant à l'hygiène et à la santé physique et mentale des habitants. Sous le protectorat français, une nouvelle ville européenne a été érigée, séparée des médinas. Cette séparation a certes préservé le patrimoine architectural, mais a également conduit à leur déclin sombrant dans l’insalubrité, à cause du surpeuplement et exode rural. Après l'indépendance en 1956, les médinas ont dû faire face à de nouveaux défis, tels que la préservation du patrimoine, le développement urbain durable et l'adaptation aux besoins modernes des habitants, incluant les enjeux de santé publique. Les médinas marocaines doivent aujourd'hui trouver un équilibre entre préservation culturelle et progrès urbain, tout en assurant le bien-être de leurs résidents dans un contexte en évolution constante.
Les effets pervers de l’urbanisation sur la santé sont de plus en plus visibles. Ils se sont renforcés au fur et à mesure que les villes connaissent une croissance rapide sur le plan des changements sociaux et économiques. En effet, l’état actuel des villes réunit plusieurs facteurs qui engendrent des problèmes complexes et interconnectés, lesquels influent fortement sur la santé physique et mentale des citoyens. La santé des personnes vivant dans les centres urbains et/ou le continuum rural-urbain est directement liée à la qualité de leur environnement, à l’accès aux soins de santé et à leur mode de vie. Les défis tels que la pollution de l’air, la densité de population et le manque d’espaces verts peuvent compromettre la santé mentale et physique des résidents. Les inégalités socioéconomiques et les disparités d’accès aux services contribuent à l’aggravation des défis sanitaires et environnementaux dans les villes, que ce soit dans le Nord aussi bien que dans le Sud global. Cela étant, la question centrale est de savoir comment concilier le développement urbain, la qualité de vie des citoyens et la préservation de l’environnement dans les villes, en prenant en compte les défis sanitaires et les impératifs du développement durable.
Ce colloque offre une plateforme importante pour partager des connaissances, discuter des meilleures pratiques et élaborer des stratégies novatrices pour promouvoir un urbanisme qui contribue à la santé et au bien-être des citoyens tout en respectant les objectifs de développement durable (ODD).
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