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Clara Champagne : Université de Montréal
Mon projet s’intéresse à l’œuvre de l’écrivaine californienne Joan Didion entre 1964 et 1979. Lors de cette période, Didion émerge comme figure de proue du « Nouveau Journalisme » américain avec une série de reportages étranges – décidément journalistiques, mais aussi stylisés, presque gothiques, empreints d’une conscience subjective aigue qui détonne avec la voix détachée et désinvestie qu’on associe souvent au journalisme.
Comme d’autres Nouveaux Journalistes, Didion a exploré de front les limites épistémologiques du journalisme, le concevant non pas comme un enregistrement mécanique de l’histoire, mais plutôt comme un acte intrinsèquement subjectif de sélection, d’interprétation, de cadrage et de déformation du réel. L’œuvre de Didion représente une expérience existentielle: celle de constater l’impossibilité de rendre compte par l’écriture d’un réel mouvant, insaisissable, «inconclusif».
Par un dialogue entre la lecture rapprochée de ses reportages et l’analyse de ses archives (notes de recherche, manuscrits, correspondances, photos, etc.), ma recherche esquisse les idées épistémologiques sur le journalisme mises de l’avant par Didion, lie ces idées aux mondes dans lesquels son écriture était imbriquée et trace leur évolution au fil de la période 1964-1979, lorsque confrontées aux impératifs du travail journalistique. Plus largement, je réfléchis aux possibilités d’un journalisme plus conscient des complexités des différentes façons dont on connaît et rend compte du réel.
Le journalisme est un objet de recherche populaire en communication et en sciences de l’information. Historiquement, quatre approches peuvent être retenues dans la documentation.
La première relève de l’analyse socioéconomique macrosociale. Descriptive ou critique, elle consiste à analyser la diversité des contenus proposés par les médias en la mettant en perspective avec leurs modèles de financement et le rôle qui leur est théoriquement réservé dans les théories de la démocratie. La deuxième est issue de l’analyse de discours ou de la sémiotique. Concentrée sur les contenus produits, elle décortique de manière plus approfondie la façon dont les informations sont construites. La troisième s’attache à composer et mettre à jour une sociologie des journalistes. Plus descriptive que les précédentes, elle s’attache à faire ressortir les caractéristiques des personnes exerçant le métier et à décrire leurs trajectoires professionnelles. La quatrième tradition concerne l’étude des publics de l’information. Davantage menée par les chercheur·e·s s’intéressant à la réception, aux publics ou aux usages des dispositifs d’information et de communication, elle s’intéresse cette fois à la manière dont les contenus produits circulent et se font approprier par la variété des publics.
Dans lesquels de ces grands axes les recherches actuelles s’inscrivent-elles ? Les mutations de l’écosystème informationnel impliquent-elles une redéfinition ou un élargissement de ces axes ? Nous proposons de rassembler dans ce colloque une douzaine de doctorant·e·s du Québec qui mènent des travaux dans ce secteur fortement influencé par le virage numérique.
Titre du colloque :