Veuillez choisir le dossier dans lequel vous souhaitez ajouter ce contenu :
Membre a labase
Charmain Levy : UQO - Université du Québec en Outaouais
La plupart des théories et des études de cas empiriques sur les communs féministes concernent des expériences autour de la terre, de l'agriculture et de l'eau, et les rares exemples qui ont été étudiés dans un contexte urbain concernent les jardins et les cuisines urbaines. Il existe plusieurs expériences de communs féministes urbains dans différents pays, mais peu de recherches sur leur théorisation, contrairement à la vaste littérature sur les expériences de communs urbains dans le monde. Conséquemment, il y a peu d'écrits sur les communs urbains féministes dans la littérature sur le genre, le féminisme et les villes qui a traditionnellement traité de l'espace urbain, du logement, de la sécurité et de la politique urbaine, et de la planification en fonction du genre. Cette communication vise à combler ces lacunes dans la littérature sur les communs urbains et sur le genre et la ville en utilisant un cadre théorique féministe, la littérature sur les communs urbains et deux études de cas empiriques - l'une dans le Nord (Lucha y Siesta à Rome) et l'autre dans le Sud (Plaza las Pioneras à Montevideo) - afin de contribuer à une définition des communs urbains féministes et de faire appel au concept féministe de care dans le cadre du débat sur les biens communs urbains. Ces deux cas impliquent des processus de soins/reproduction et d’empowerment ainsi que des objectifs et des méthodes féministes en faveur des droits sociaux, politiques et économiques des femmes dans la ville.
« Les communs sont partout ! » observaient déjà plusieurs auteurs et autrices au tournant du 21ᵉ siècle (Dardot et Laval, 2014; Federici, 2019). Le constat de l’utilisation du terme « communs » dans divers contextes, allant de la guerre de l’eau à Cochabamba, en Bolivie, au mouvement altermondialiste, ainsi qu’aux occupations de places comme à Wall Street et Ghezi à Istanbul, a suscité l’intérêt de la recherche pour ce thème. Il y a déjà plus d’une décennie, George Caffentzis (2012) recensait des milliers de publications sur les communs, une littérature qui n’a fait qu’augmenter depuis. Parmi ces travaux, nous retrouvons différentes compréhensions et définitions des communs, qui se revendiquent de traditions théoriques fort distinctes, menant parfois à des analyses contradictoires du même phénomène. De plus, différents organismes font usage du terme dans des contextes qui en déforment passablement le sens, comme lorsque la Banque mondiale expulse des peuples traditionnels de leurs territoires au nom du « patrimoine commun de l’humanité » (Federici, 2019). Dans ce contexte, il devient pressant de prendre la mesure de ces enjeux et de cartographier les différentes approches des communs pour tenter d’y voir plus clair, notamment par rapport à certaines thématiques que ce colloque entend prioriser.
Selon la définition proposée par le Collectif de recherche sur les initiatives, transformations et institutions des communs (CRITIC), qui organise ce colloque, les communs sont des ensembles de pratiques sociales ancrés dans des collectivités autodéterminées et des formes de communalisation. Ils répondent à différents besoins et aspirations au moyen de valeurs de partage, de soin, de participation, d’inclusion, de soutenabilité et de convivialité. Promouvant le droit d’usage et le devoir de responsabilité, les communs préfigurent une alternative à la propriété privée et constituent un processus d’apprentissage collectif. Cette définition affiche une volonté explicite de situer les communs dans un contexte sociohistorique, politique et économique plus large pour comprendre leurs dynamiques relationnelles avec les systèmes économiques et les normativités politiques, sociales et culturelles dans lesquelles ils s’insèrent.
En présence de Pierre Dardot et Christian Laval, invités d’honneur du colloque, nous vous proposons d’explorer les communs par le truchement de six axes dans deux conférences de nos invités d’honneur et vingt-cinq présentations universitaires ou terrains :
À ces interventions s’ajoutera une visite hors site à l’Atelier Mauril-Bélanger, où se dérouleront nos activités de réseautage de fin de journée.
Coresponsables : Yann Pezzini, Ambre Fournier et Jonathan Veillette
Titre du colloque :
Thème du colloque :