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Rihab Saidane : UQAM - Université du Québec à Montréal
Cette étude a évalué les effets d’un programme d’enseignement en connaissances morphologiques sur l’étendue et la profondeur du vocabulaire transdisciplinaire d’élèves de quatrième année du primaire. Afin d’atteindre cet objectif, 78 élèves du primaire scolarisés en français ont participé à l’étude. Ils ont été divisés en deux groupes expérimentaux : condition morphologique (n=43) et condition liens sémantiques (n=35). Les élèves de chaque groupe ont participé à 10 activités visant à développer respectivement des connaissances morphologiques et des liens sémantiques entre les mots. Afin de vérifier les effets du dispositif d’enseignement en connaissances morphologiques, les élèves des deux groupes de recherche ont passé des tests pour mesurer la profondeur du vocabulaire transdisciplinaire et l’étendue du vocabulaire au prétest et au posttest. Des mesures des variables de contrôle telles que la conscience phonologique et l’identification des mots ont également été administrées. Les résultats des analyses de variance ont démontré que les deux groupes expérimentaux ont amélioré de manière équivalente leurs performances en étendue du vocabulaire et en profondeur du vocabulaire transdisciplinaire au posttest. Ces résultats appuient le rôle central des connaissances morphologiques dans l’acquisition du vocabulaire transdisciplinaire des élèves de quatrième année du primaire scolarisé en français.
Au cours des trente dernières années, particulièrement dans la dernière décennie, la recherche portant sur la littératie étudie de manière intensive la contribution des connaissances morphologiques. Ainsi, au regard de leur relation avec la lecture, certaines études concluent qu’elles jouent un rôle fondamental, et ce, dès le début de la scolarité (Cohen-Mimran et al., 2022). D’autres études ont permis d’alimenter des modèles théoriques qui capturent leur rôle direct ou indirect lors de la lecture de mots (Levesque et Deacon, 2022) ou de la compréhension de textes (Levesque et al., 2019). Quant à la relation des connaissances morphologiques et du vocabulaire, des études l’ont explorée en profondeur afin de déduire le sens unidirectionnel (Fejzo et al., 2020) et bidirectionnel de cette relation (Saidane et al., 2020). Finalement, en ce qui concerne leur contribution à l’écriture, certaines études ont permis d’éclairer sur la manière d’intégrer les connaissances morphologiques en salle de classe, par un enseignement implicite ou explicite, afin d’améliorer la performance en orthographe lexicale (Burton et al., 2021), alors que d’autres études ont permis de documenter les liens entre les connaissances morphologiques et la qualité des textes produits (Zhang, 2021).
Si, dans l’ensemble, ces recherches indiquent que les connaissances morphologiques s’avèrent fondamentales pour l’apprentissage de la lecture et de l’écriture, le présent colloque souhaite faire l’état des connaissances issues des récentes études portant sur les connaissances morphologiques et la didactique du français.
À cet effet, nous proposons les axes suivants :
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