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Chloé Phan-Labays : Université Jean-Moulin-Lyon-III
Avec un siècle de colonisation française au Vietnam, il est indéniable que la culture vietnamienne d’aujourd’hui s’est imprégnée de l’héritage culturel français, ceci sur les plans matériels comme immatériels. La France a modernisé plusieurs villes vietnamiennes en y introduisant de nouveaux quartiers et infrastructures selon les normes urbaines et architecturales françaises et qui restent encore en usage.Le patrimoine urbain de la période coloniale française au Vietnam n’a pas encore fait l'objet de recherches et d'évaluations à l’échelle nationale. Choisir des méthodes et des outils appropriés pour analyser et évaluer les caractéristiques et les valeurs des quartiers formés pendant la période coloniale française dans les grandes villes du Vietnam s’avère indispensable afin de les préserver contre les tentatives croissantes de leur démolition ou déformation ainsi que de les valoriser dans la stratégie de développement du tourisme du patrimoine culturel et de l’économie nationale. Notre recherche s’appuiera sur le cas d’étude du projet de restauration du pont Long Bien dont l’ancien nom porte celui du Gouverneur de l’Indochine Paul Doumer (1897-1902).Notre travail consiste à voir dans quelle mesure la méthode de « conservation adaptative » s’appliquera au projet de restauration du pont Long Bien qui représente des enjeux multiples : architectural, culturel, historique, économique, et francophone.
Dans le champ des politiques de la culture, il est d’usage de référer au modèle américain, au modèle britannique, ou encore, au modèle français comme des archétypes de politiques culturelles qui agissent comme autant de modèles nous permettant de catégoriser, d’organiser et de comparer différentes politiques et formes de gouvernance de la culture. Ces grands modèles nationaux, utilisés dans les recherches comparatives, cachent peut-être des dynamiques institutionnelles, politiques et professionnelles qui sont plus complexes.
Dans le cadre de ce colloque, nous nous intéressons aux forces de l’histoire, aux liens culturels et à la langue comme étant des vecteurs d’institutions, de modèles de référence, mais aussi comme étant des forces habilitant des manières de penser, de problématiser et de structurer le secteur des arts et du patrimoine. Plutôt que de penser aux modèles de gouvernance de la culture à partir des grands archétypes nationaux de référence, nous souhaitons décentrer le regard sur les affaires culturelles pour l’élargir et le poser sur les espaces linguistiques et civilisationnels. À l’instar du monde anglophone, hispanophone ou lusophone, le monde francophone est un espace de circulation et de diffusion d’idées culturelles, de modèles et de pratiques sur lesquels les décideurs et professionnels de la culture prennent appui.
Ce colloque invite les universitaires à s’intéresser aux politiques, aux pratiques et aux expertises de la culture (art et patrimoine) qui circulent au sein du monde francophone. Il s’agit de mettre en relief certaines singularités et différences qui émergent dans la manière dont on aborde plusieurs grands sujets actuels, notamment la restitution des biens culturels, la diplomatie culturelle, les pratiques de patrimonialisation, le financement des arts et du patrimoine, l’inclusion, la démocratisation et la participation culturelle ainsi que la culture à l’ère du numérique.
Titre du colloque :