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Les mouvements environnementaux autochtones pour le développement de la pensée complexe

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Alexis Legault : Université de Sherbrooke

Résumé de la communication

En milieu scolaire québécois, les enseignantes et les enseignants, dont plusieurs se disent peu engagés dans l’action communautaire environnementale (Pruneau et coll., 2016), peinent aujourd’hui à intégrer les dimensions critique, collective et politique de l’éducation écocitoyenne en classe (Girault, 2018; Jeziorski et coll., 2015; Trott et coll., 2023). Il en va de même pour l’éducation aux perspectives autochtones dans l’enseignement pour le réseau scolaire francophone (Côté, 2019).

Il existe toutefois un lieu où les perspectives autochtones croisent naturellement l’écocitoyenneté dans ses dimensions critique, collective et politique : il s’agit des mouvements environnementaux. La présence des Premiers Peuples au sein des mouvements pour la protection du territoire est importante au Québec (Temper et coll., 2015). Les mouvements environnementaux et les apports des perspectives autochtones à ceux-ci peuvent aujourd’hui servir d’exemples sur lesquels déployer un dialogue philosophique qui puisse mener au développement d’une pensée complexe (critique, créative et bienveillante) et d’un agir écocitoyen.

Dans ce contexte, nous jetterons spécifiquement un regard sur la place des mouvements environnementaux et autochtones dans la création d'un matériel pédagogique transdisciplinaire en éducation relative aux changements climatiques au secondaire.

Résumé du colloque

Dans le cadre de nos dernières recherches, nous avons développé un modèle transdisciplinaire du pouvoir d’agir en contexte de crise environnementale et climatique (Agundez-Rodriguez, 2022). Son caractère transdisciplinaire implique un niveau élevé d’intégration de l’apprentissage qui se situe au-delà de plusieurs disciplines ainsi que de leurs intersections (Legendre, 2005). En cohérence avec ce principe de transversalité, le modèle intègre des savoirs issus des domaines de l’éducation relative à l’environnement (ERE) et de la pratique du dialogue philosophique (PDP) en communautés de recherche (Lipman, 1980 et 1988; Lago, 2006; Sasseville et Gagnon, 2007; Gagnon et Sasseville, 2011). En lien avec l’ERE, la transdisciplinarité est ainsi présente dans le modèle par le recours à des savoirs environnementaux issus de mouvements sociaux, autochtones et allochtones, et de mouvements communautaires de la société civile. Les habiletés pratiques, l’expérience directe et la transmission orale sur l’environnement et les changements climatiques y sont associées. En ce qui concerne la PDP, l’objectif du modèle est le développement de la pensée critique (associée aux habiletés comme la contextualisation, l’autocorrection et l’argumentation à l’aide de critères) et créative (associée aux habiletés comme l’imagination, la recherche d’alternatives et l’intuition). L’approche de PDP en communautés de recherche favorise ainsi la réflexion sur le monde dans lequel nous vivons (caractérisé par la crise environnementale et climatique) et permet, en même temps, d’imaginer et de construire le monde dans lequel nous voulons vivre (caractérisé par la stabilité environnementale et climatique). Grâce aux présentations des domaines de l’ERE et de la PDP réalisées au sein de ce colloque, nous pourrions explorer le croisement des éléments de notre modèle et son potentiel pour le développement du pouvoir d’agir en contexte de crise environnementale et climatique.

Contexte

section icon Thème du congrès 2024 (91e édition) :
Mobiliser les savoirs en français
Discutant-e- de la session : Christophe Point Mélanie Champoux
section icon Date : 15 mai 2024

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