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Les musées, entre influence et incommunication

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Nicolas Peyre : Université Toulouse-I-Capitole

Résumé de la communication

Les musées peuvent être analysés aussi comme des « instruments de pouvoir (Paquette, 2015) car comme Dominique Poulot a pu l’écrire « le musée traditionnel incarne l’accord entre les pouvoirs et l’art, au nom d’une conception selon laquelle l’art est indispensable à la grandeur des États, voire à la paix sociale et à la prospérité des manufactures, tandis que, inversement, le génie requiert la reconnaissance publique » (Poulot, 2010). C’est à la question de la géopolitique des musées à l’instar de François Mairesse (2010) ou d’Emmanuel Lincot et d’une « géopolitique du patrimoine » (Lincot, 2021) que nous nous intéresserons et plus particulièrement à la stratégie et aux modalités de la mondialisation du Centre Pompidou (France). La création dans le monde hispanique (Espagne), asiatique (Chine) ou anglophone (États-Unis) de musées valorisant la marque « Centre Pompidou » est soutenue par la diplomatie culturelle et ses acteurs. Dès lors c’est précisément à l’objectif assigné à cette politique publique qui est « au croisement de la politique culturelle et de la politique internationale, elle est la politique internationale menée dans le champ de la culture » (Lombard, 2022) que nous porterons notre analyse. L’influence est le nouveau paradigme de la politique culturelle extérieure de la France (Chaubet, Faucher, Martin, Peyre, 2024).

Résumé du colloque

Dans le champ des politiques de la culture, il est d’usage de référer au modèle américain, au modèle britannique, ou encore, au modèle français comme des archétypes de politiques culturelles qui agissent comme autant de modèles nous permettant de catégoriser, d’organiser et de comparer différentes politiques et formes de gouvernance de la culture. Ces grands modèles nationaux, utilisés dans les recherches comparatives, cachent peut-être des dynamiques institutionnelles, politiques et professionnelles qui sont plus complexes.

Dans le cadre de ce colloque, nous nous intéressons aux forces de l’histoire, aux liens culturels et à la langue comme étant des vecteurs d’institutions, de modèles de référence, mais aussi comme étant des forces habilitant des manières de penser, de problématiser et de structurer le secteur des arts et du patrimoine. Plutôt que de penser aux modèles de gouvernance de la culture à partir des grands archétypes nationaux de référence, nous souhaitons décentrer le regard sur les affaires culturelles pour l’élargir et le poser sur les espaces linguistiques et civilisationnels. À l’instar du monde anglophone, hispanophone ou lusophone, le monde francophone est un espace de circulation et de diffusion d’idées culturelles, de modèles et de pratiques sur lesquels les décideurs et professionnels de la culture prennent appui.

Ce colloque invite les universitaires à s’intéresser aux politiques, aux pratiques et aux expertises de la culture (art et patrimoine) qui circulent au sein du monde francophone. Il s’agit de mettre en relief certaines singularités et différences qui émergent dans la manière dont on aborde plusieurs grands sujets actuels, notamment la restitution des biens culturels, la diplomatie culturelle, les pratiques de patrimonialisation, le financement des arts et du patrimoine, l’inclusion, la démocratisation et la participation culturelle ainsi que la culture à l’ère du numérique.

Contexte

section icon Thème du congrès 2024 (91e édition) :
Mobiliser les savoirs en français
section icon Date : 15 mai 2024

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