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Alexandre Michaud : Université Saint-Paul
Depuis les années 1990 (de Bettignies et Ross 2004, 136 ; Vining, Boardman et Poschmann 2004, 32 ; Vining, Boardman et Poschmann 2005), les partenariats public-privé (PPP) furent institutionnalisés et deviennent clés dans les politiques publiques canadiennes (Opara 2020, 593-596 ; Hains-Pouliot 2012, 24-33, Hamel 2007, 21-26). Leurs résultats, souvent critiqué pour leur coût, qualité, et gestion des risques/responsabilités (Siemiatycki 2015, 356-359; Opara 2020, 585-586 ; Centre Canadien de Politiques Alternatives 2015), en plus de leur tendance à promouvoir une logique marchande (Boucher 2019; Hudon 2011), rendent les partenariats public-économie sociale (PPÉS) une alternative envisageable. L’émergence de ces partenariats suscite de nombreuses recherches aux résultats nuancés (Durand Folco et al. 2020; Girard 2005; Vézina et Girard 2002) et demandant des éclaircissements. Conséquemment, nous avons étudié deux PPÉS des régions de l'Outaouais et des Laurentides. Les PPÉS peuvent-ils servir de vecteur de démocratisation et favoriser la gestion des biens publics selon des intérêts communautaires? Nous avons analysé nos résultats avec les typologies des sous-traitances et des effets sociaux (Durand Folco et al. 2020; Dufort 2022) afin de discerner leur degré de socialisation et de démocratisation. Nous exposerons les résultats de nos recherches, illustrerons comment les PPÉS peuvent limiter ou encourager la participation citoyenne et formulerons des recommandations.
« Les communs sont partout ! » observaient déjà plusieurs auteurs et autrices au tournant du 21ᵉ siècle (Dardot et Laval, 2014; Federici, 2019). Le constat de l’utilisation du terme « communs » dans divers contextes, allant de la guerre de l’eau à Cochabamba, en Bolivie, au mouvement altermondialiste, ainsi qu’aux occupations de places comme à Wall Street et Ghezi à Istanbul, a suscité l’intérêt de la recherche pour ce thème. Il y a déjà plus d’une décennie, George Caffentzis (2012) recensait des milliers de publications sur les communs, une littérature qui n’a fait qu’augmenter depuis. Parmi ces travaux, nous retrouvons différentes compréhensions et définitions des communs, qui se revendiquent de traditions théoriques fort distinctes, menant parfois à des analyses contradictoires du même phénomène. De plus, différents organismes font usage du terme dans des contextes qui en déforment passablement le sens, comme lorsque la Banque mondiale expulse des peuples traditionnels de leurs territoires au nom du « patrimoine commun de l’humanité » (Federici, 2019). Dans ce contexte, il devient pressant de prendre la mesure de ces enjeux et de cartographier les différentes approches des communs pour tenter d’y voir plus clair, notamment par rapport à certaines thématiques que ce colloque entend prioriser.
Selon la définition proposée par le Collectif de recherche sur les initiatives, transformations et institutions des communs (CRITIC), qui organise ce colloque, les communs sont des ensembles de pratiques sociales ancrés dans des collectivités autodéterminées et des formes de communalisation. Ils répondent à différents besoins et aspirations au moyen de valeurs de partage, de soin, de participation, d’inclusion, de soutenabilité et de convivialité. Promouvant le droit d’usage et le devoir de responsabilité, les communs préfigurent une alternative à la propriété privée et constituent un processus d’apprentissage collectif. Cette définition affiche une volonté explicite de situer les communs dans un contexte sociohistorique, politique et économique plus large pour comprendre leurs dynamiques relationnelles avec les systèmes économiques et les normativités politiques, sociales et culturelles dans lesquelles ils s’insèrent.
En présence de Pierre Dardot et Christian Laval, invités d’honneur du colloque, nous vous proposons d’explorer les communs par le truchement de six axes dans deux conférences de nos invités d’honneur et vingt-cinq présentations universitaires ou terrains :
À ces interventions s’ajoutera une visite hors site à l’Atelier Mauril-Bélanger, où se dérouleront nos activités de réseautage de fin de journée.
Coresponsables : Yann Pezzini, Ambre Fournier et Jonathan Veillette
Titre du colloque :
Thème du colloque :