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Anne-Marie Nolet : Université de Montréal
Le cinéma est un outil puissant pour visibiliser des réalités méconnues ou tabous. En matière de violences faites aux femmes (VFF), des œuvres abordent ainsi diverses formes de violence, les mécanismes qui leur permettent de se perpétuer, leurs conséquences sur les femmes qui en sont victimes et les stratégies mises en œuvre pour les éradiquer. Certaines représentations des VFF sont cependant considérées problématiques. Par exemple, des autrices ont étudié la propagation de stéréotypes sur la violence conjugale en évoquant notamment le mythe du monstre (Frus, 2001) et l’optimisme cruel, un regard selon lequel les femmes peuvent et doivent régler leurs « problèmes » par elles-mêmes (Shoos, 2020, p. 103). D’autres ont analysé l’offre du viol en spectacle pour le plaisir du spectateur (Brey, 2020) et les stratégies d’érotisation des agressions sexuelles (Côté-Vaillant, 2022). De plus, malgré ces apports importants, des autrices dénoncent toujours un « régime d’images de VFF qui ne sont jamais interrogées » (Brey, 2020, p. 99). Cette présentation vise à contribuer à cette discussion à partir d’une recension des écrits et d’une analyse phénoménologique d’œuvres de fiction. J’aborderai notamment l’articulation complexe entre les visées potentielles de telles œuvres et leurs effets sur l’auditoire. Je conclurai en formulant des objectifs qui pourraient être poursuivis dans de futures recherches à la jonction des sciences sociales et des études cinématographiques.
En dépit d’avancées notables dans la promotion de l’égalité des genres au Canada, les manifestations de violences à l’encontre des filles et des femmes subsistent sous différentes formes. Ce constat met en lumière un enjeu important : malgré l’augmentation de la recherche et la mobilisation des connaissances, un manque d’engagement intersectionnel, interdisciplinaire et partenarial perdure, entravant l’adaptation des actions de sensibilisation, prévention, intervention et défense des droits aux complexités des violences faites aux filles, aux femmes et à leurs enfants laissant perdurer des approches cloisonnées.
C’est ici qu’interviennent les collectifs de recherches et d’actions SAS-Femmes et FemAnVi. SAS-Femmes accorde la priorité à la collaboration, en travaillant étroitement avec celles et ceux directement touchés par la violence ou qui les soutiennent, en vue de développer des recherches et des actions contribuant à assurer la sécurité, l’autonomie et la santé des filles et des femmes. FemAnVi vise à développer et soutenir les recherches, interventions sociales et actions militantes s’inscrivant dans les luttes féministes contre les violences faites aux femmes et aux enfants. Dans les deux cas, les activités poursuivies s’inscrivent dans une démarche de réciprocité et de coconstruction des savoirs impliquant chercheur·e·s, étudiant·e·s, intervenant·e·s, militant·e.s féministes et expertes de vécu.
Les efforts consentis, autant dans SAS-Femmes que dans FemAnvi, s’inscrivent dans une perspective féministe intersectionnelle engagée, favorisant la recherche interdisciplinaire et l’action intersectorielle. Dans une approche appliquée et partenariale, les travaux menés soutiennent la mise au point de méthodes de recherche et de pratiques d’interventions innovantes qui brisent les silos. Les deux collectifs unissent ici leurs efforts afin d’enrichir le dialogue sur les recherches et les actions à prioriser en violences faites aux filles, aux femmes et aux enfants.
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