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Claudel Lamoureux-Duquette : Institut de coopération pour l'éducation des adultes
Considérant que les femmes cheffes de famille monoparentale font face à une
multitude d’obstacles entravant leur retour aux études et leur persévérance scolaire, nous
menons un projet de recherche-action axée sur les stratégies concrètes de soutien de ces
femmes vers l’obtention du DES. Depuis l'hiver 2022, un dispositif novateur impliquant
deux agentes de terrain intervenant directement avec ces femmes est mis à l’essai. Ces
agentes agissent comme pivot entre les femmes et les divers organismes susceptibles de
lever les obstacles pouvant nuire à leur projet scolaire et de retour aux études. Suivant la
taxonomie de Cross (1981) bonifiée par Solar (2021), nous proposons, dans cette
communication, d’explorer la complexité et l’enchevêtrement des obstacles auxquels les
femmes cheffes de famille monoparentale sont confrontées. Nous allons également
nous intéresser au rôle de l’agente de terrain et poserons les questions suivantes :
quelles sont les possibilités et les limites de ce rôle? Comment est-ce que les agentes
lèvent les obstacles rencontrés? Qu’est-ce que cela apporte aux femmes qui sont en
processus de retour aux études?
Ce colloque, organisé par l’UQAM en collaboration avec l’UQTR, l’Université de Bordeaux et le groupe de recherche EFE, se penche sur les défis rencontrés par les élèves marginalisés au secteur de l’éducation des adultes. Ces défis sont multiples et complexes, allant de la précarité socioéconomique (Charlebois, 2018), des enjeux professionnels (Supeno et Bourdon, 2017), aux besoins particuliers (Lemire, 2011), en passant par la monoparentalité (Pelletier, 2022) et le processus migratoire (Villemagne, 2014). Nous nous intéressons aux dispositifs déployés pour accompagner ces adultes, tant en milieu institutionnel (centres d’éducation des adultes) que communautaire (organismes communautaires et milieux adaptés de scolarisation).
Ancrée au cœur de cette réflexion, l’approche globale s’éloigne de la focalisation sur les caractéristiques individuelles comme cause principale des difficultés. Elle s’incarne dans une perspective multiréférentielle (Ardoino, 2000) qui considère que les difficultés sont autant le résultat des épreuves sociales (Martucelli, 2011) que scolaires (Roiné, 2020). Cette approche étudie la complexité des parcours atypiques des personnes apprenantes en difficulté (Grossmann et al., 2014) et considère les situations menant à leur échec (Gardou, 2006), notamment l’organisation en vase clos des interventions prodiguées (Vidal et St-Onge, 2020).
Dans cette optique, ce colloque représente une occasion précieuse de réfléchir de manière interdisciplinaire aux différents dispositifs pédagogiques, didactiques, d’intervention sociale, etc., déployés auprès des élèves marginalisés au secteur de l’éducation des adultes. Les personnes participantes partagent une sensibilité commune pour les contextes, les situations et les actrices et acteurs sociaux, appréhendée selon une perspective clinique et non déficitaire. Leur réflexion s’articule autour de trois axes complémentaires : 1) les élèves; 2) les intervenantes et intervenants; et 3) les organisations.
Titre du colloque :